Expos : blog actu arts et expos. De Visu.

Archives > Août 2008

L'été indien de Richard Long à Nice

Posté par Magali le 30.08.08 à 10:29 | tags : art contemporain, expos, land art

Sur la Côte d'Azur, l'été des expositions n'en finit pas. Jusqu'au 16 novembre, on peut ainsi visiter au Mamac (Musée d'Art moderne et d'Art contemporain) de Nice une sélections d'œuvres récentes de l'artiste américain Richard Long. Le pape du Land Art, auteur d'un travail essentiel sur le rapport de l'artiste à la nature, arpente la planète depuis plus de quarante ans à la recherche de l'expérience cathartique avec les éléments, qu'il transforme, déjoue ou interprète comme un apprenti sorcier.

 

Compte-rendu en images de l'expo dans laquelle Richard Long présente des photos de récents voyages en Inde, en Egypte et en Afrique du Sud, des sculptures de la série Fingerprints réalisées à partir d'objets en bois récupérés au Maghreb, ou des œuvres in situ comme les Mud Drawings, fresques murales de boue.

 

 

Richard Long, Midsummer Day Circles, 2007
 
Midsummer Day Circles, 2007
 
 
 
White Water Falls

 

 
Tideless Stones
 
 
 

 

Richard Long. Travaux récents et œuvres in situ
Jusqu'au 16 novembre 2008 au Mamac de Nice (www)

Photos © Richard Long - Mamac, Nice

 




Goya perd une toile

Posté par Magali le 27.08.08 à 20:19 | tags : peinture
Artiste légendaire, précurseur du romantisme, face sombre et brillante du siècle des Lumières, fierté espagnole, Francisco de Goya y Lucientes a laissé à la postérité des œuvres majeures dont l'influence ne s'est pas démentie depuis deux siècles : le portrait acerbe de la famille du roi Charles IV, ceux des grands d'Espagne et des maîtresses complices, le Tres de Mayo, à propos de la terreur de l'invasion napoléonienne, les séries de gravures (les Caprices, les Désastres de la Guerre...), les décors de la Maison du Sourd, etc.

Parmi ces chefs-d'œuvre, Le Colosse, daté autour de 1810 et conservé au Musée du Prado à Madrid, était jusqu'à présent emblématique de la période la plus sombre de l'artiste, celle où Goya dénonce les horreurs de la guerre napoléonienne qui fait fuir le peuple espagnol face à l'« Ogre », figuré sous la forme d'un géant musculeux, s'éloignant dans une brume apocalyptique après avoir tout ravagé sur son passage.

L'histoire de l'art n'étant pas une science exacte, il faut s'attendre parfois tant à des surprises heureuses qu'à de grandes déceptions. Car voilà, Le Colosse n'est pas de Goya. Un comité d'experts réunis par le Prado, dont il faut saluer la courageuse recherche de vérité qui a mené à dévaluer une des toiles phares du musée, a conclu que la toile de 116 sur 105 centimètres n'était pas de la main du maître, mais de celle d'Asensio Julià, assistant et ami de Goya, qui en fit un superbe portrait.

Des doutes avaient été émis depuis déjà une quinzaine d'années. La découverte par microphotographies des initiales AJ dans le coin inférieur droit de la toile a ouvert la voie à la réattribution à cet artiste espagnol, né en 1760 et mort en 1819, dont on connaît peu d'œuvres. Des différences stylistiques et quelques maladresses, sensibles surtout aux experts les plus patentés de l'œuvre de Goya, ont achevé de convaincre les historiens de l'art, notamment par comparaison avec d'autres œuvres, comme une gravure de Géant assis, mieux dessiné, ou le paysage plus élaboré de la Prairie de San Isidoro.

Malgré sa réattribution, Le Colosse demeure une œuvre majeure de l'art espagnol du tournant du XIXe siècle, fortement marquée par Goya, dans le mélange de sensualité et de terribilità, et dans la métaphore de la guerre. Asensio Julià, un artiste à suivre ?






La suisse, l'autre pays de l'abstraction

Posté par Easywriter le 22.08.08 à 14:47 | tags : art contemporain, expos

 

Dans les années 1970, plusieurs artistes vivant et travaillant autour de l'arc lémanique, notamment John Armleder, Olivier Mosset et Helmut Federle, revisitèrent les tenants de l'abstraction pour l'étendre à une pratique décomplexée, amusée et plus encline au jeu visuel qu'à la définition de codes esthétiques stricts.
Connectés aux cultures rock et BD, ils adoptèrent pêle-mêle des processus d’appropriation, de jeux d'optique, de confusion entre œuvres et objets, ou de critique du productivisme.

C'est ce que montrait l'exposition « Abstraction Etendue » organisée à l'Espace de l'Art concret de Mouans-Sartoux au printemps 2008, avec une série d'œuvres de pionniers et de plus jeunes acteurs de cette abstraction qui compte autant de formes que d'individus. La Fondation Claudine et Jean-Marc Salomon, qui occupe le château d'Arenthon, perché à flanc de montagne sur les hauteurs du lac d'Annecy, propose pour ce second volet intitulé « Abstraction Extension », de montrer les plus jeunes représentants de cette abstraction romande, nés autour de 1980.

 

Lire la chronique de l'exposition Abstraction Extension.

Lire également notre très concrète histoire de la peinture abstraite

Abstraction Extension. Une scène romande et ses connexions à la Fondation pour l'art contemporain Claudine et Jean-Marc Salomon, Château d'Arenthon, Alex, jusqu'au 2 novembre 2008.




Le 104 (Centquatre) : la promesse de l'art pour tous

Posté par Magali le 14.08.08 à 09:32 | tags : 104, expos à paris, musées

 

Depuis des mois, on attend avec impatience qu'ouvre à la rentrée 2008 le 104 (ou Centquatre), nouveau lieu parisien dédié à l'art et au spectacle vivant. Le Centquatre, dans lequel la Mairie de Paris a investi la somme (prévisionnelle) de 100 millions d'euros, occupera les anciennes Pompes funèbres de Paris, vaste bâtiment d'une surface totale de près de 37 000 m² inoccupé depuis une dizaine d'années et dont la réhabilitation a été confiée à l'Atelier Novembre.


Situé à la limite entre les 18e et 19e arrondissements, entre la rue Curial et la rue d'Aubervilliers, à proximité du chemin de fer, l'« établissement artistique de la ville de Paris » s'inscrira dans un quartier oublié des itinéraires culturels parisiens, allant à la rencontre des riverains d'un quartier multicommunautaire, largement touché par la précarité.

Dirigé par Robert Cantarella et Frédéric Fisbach, tous deux metteurs en scène de renom, le Centquuatre se veut un centre de création et de production artistique « unique au monde », « bousculant les frontières » entre les pratiques artistiques et les divers publics. Sauf erreur, toutes les formes artistiques seront représentées : des arts visuels au théâtre, en passant par la mode, le design, le cirque, la danse, le cinéma, l’écriture, la musique et les arts numériques. Des résidences (jusqu'à trente simultanément) accueilleront des artistes du monde entier, auxquels le Centquuatre promet de « donner les moyens techniques, financiers et humains de créer une œuvre ». Quatre festivals ponctueront le calendrier du lieu en présentant les travaux des artistes.

Des salles de spectacle et d'exposition, des « plateaux de danse », une pépinière d'entreprises artistiques, une quinzaine d'ateliers, une Maison des Petits, mais aussi un café, un restaurant de 300 m², des boutiques... le Centquuatre pourrait être un formidable lieu de rencontre entre les artistes, qui devront s'y sentir chez eux, et le(s) public(s).

Rendez-vous pour l'inauguration le samedi 11 octobre, de 14h30 à 2h du matin, pour savoir si se réaliseront ces belles promesses.

 

Le Centquatre, 104 rue d'Aubervilliers 75019 Paris (www)
Crédit photo © Frédéric Nauczyciel/see-you-tomorrow




« Faites vos je » à la Friche La Belle de Mai

Posté par Magali le 07.08.08 à 08:53 | tags : art contemporain, expos

A Marseille, l'association de diffusion de l'art contemporain Edouard Levé, Œuvres, décrivant « des œuvres dont l'auteur a eu l'idée, mais qu'il n'a pas réalisées ». Et pose ainsi la question : « Etre ou ne pas être auteur ».

Dans l'immense salle qui inaugure le parcours de l'exposition, un extrait de l'opéra Norma de Bellini emplit l'espace. En son centre, un pupitre attend le spectateur, qui a loisir de choisir neuf versions différentes du solo « Casta Diva », et d'en amplifier le volume à son gré. Dans cette œuvre intitulée Being Norma Nine Times, l'artiste qui répond au pseudonyme de Norma Jeane démultiplie les sensations et amène le spectateur à s'interroger sur le temps et l'espace du sentiment, ses variations ou son caractère unique.

En parallèle, le collectif Claire Fontaine fait tomber le vulgaire dans l'abyme métaphysique en ne reproduisant que la bande son de la vidéo pirate des ébats de Pamela Anderson, répétant de sa voix candide et floue « Where are we ? ».

Sylvie Reno pratique quant à elle la « cartonisation » du monde, effaçant les mots des livres d'une bibliothèque pour mettre en évidence la confusion des images entre le vrai et le faux. Pour Eric Duyckaerts, il s'agit plutôt de redéfinir le rôle de l'artiste, dans une vidéo, The Dummy's Lesson, où la marionnette manipulée par l'artiste lui fait subir une psychanalyse : l'artiste en manipulateur manipulé dans sa quête d'identité.


Faites vos je, La Friche La Belle de Mai, 41 rue Jobin, Marseille (www)
Jusqu'au 13 septembre 2008 (fermé du 12 au 26 août)

 

Ill. Norma Jeane, Being Norma Nine Times, 2008. Courtesy de l'artiste






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