Archives > Juin 2008Granet à l'ombre d'Ingres
![]() Le nom de Granet est le plus souvent associé au musée du même nom, à Aix-en-Provence, auquel le peintre a contribué à donner une réputation internationale par le legs en 1849 de sa collection personnelle, comptant plus de 2000 œuvres, dont quelques 300 peintures italiennes et flamandes. Ill. Jean Auguste Dominique Ingres, Portrait de Granet, 1809, Aix-en-Provence, musée Granet © Musée Granet Damien Hirst et le Veau d'or
![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Non content de faire partie des artistes contemporains vivants les plus chers de la planète, le Britannique Damien Hirst a décidé de procéder lui-même à la vente aux enchères de ses œuvres. Proposant des œuvres récentes et inédites chez Sotheby's, l'artiste coupe l'herbe sous le pied aux marchands d'art et aux galeristes, court-circuitant le marché et inaugurant ainsi une nouvelle forme de rapport direct entre l'artiste et le collectionneur. Actu des galeries #1 : Saint-Germain-des-Prés
![]()
La hausse des températures parisiennes invite à la flânerie, et, pour concilier détente et culture, une balade dans Paris au gré du vent peut aussi permettre de visiter quelques galeries pour y découvrir des expos intéressantes. L'art contemporain à la sauce Rabelais en Languedoc-RoussillonPosté par Magali le 23.06.08 à 18:09 | tags : art contemporain
![]() « Dégelée ». Définition : volée de coups ; synonymes : dérouillée, râclée. L'été en Languedoc-Roussillon sera violemment rabelaisien. Après Marcel Duchamp en 2006 avec Chauffe Marcel !, Emmanuel Latreille, directeur du Frac Languedoc-Roussillon, et Christian Besson, professeur d'histoire de l'art, ont choisi François Rabelais (qui fut élève puis professeur à la Faculté de Médecine de Montpellier au XVIe siècle) comme figure inspiratrice pour célébrer l'été et ses plaisirs dans une trentaine d'expositions d'art contemporain et d'événements organisés dans toute la région, du Pont du Gard aux remparts d'Aigues-Mortes en passant par Montpellier, Nîmes et Sète.
Radical Light à la National Gallery : la peinture-lumière des ItaliensA ne pas manquer si on passe par Londres cet été (ou par Zurich cet automne), l'exposition de la National Gallery consacrée aux divisionnistes italiens, version transalpine du néo-impressionnisme inventé en France par Georges Seurat. L'expo, sommaire mais efficace, rend compte des deux versants d'une même esthétique : symboliste et tourné vers la tradition ou vers le progrès social avec des peintres tels Giovanni Segantini, Angelo Morbelli ou Giuseppe Pelizza da Volpedo ; se confondant avec l'avant-garde futuriste avec Giacomo Balla, Umberto Boccioni ou Luigi Russolo. Petit aperçu en images.
![]() Giovanni Segantini, Les Mauvaises Mères, 1896-1897 © Kunsthaus, Zürich ![]() Angelo Morbelli, Dans les champs de riz, 1898-1901, collection particulière © Photo Courtesy du propriétaire ![]() Giuseppe Pellizza da Volpedo, L'Enfant mort, 1896-1905, Musée d'Orsay, Paris © RMN, Paris. Photo Hervé Lewandowski ![]() Luigi Russolo, Eclair, 1909-1910 © Galleria Nazionale d'Arte Moderna, Rome. Photo Alessandro Vasari Giuseppe Pellizza da Volpedo, Fiumana, 1895-1896, Pinacoteca di Brera, Milan © Su concessione del Ministero per i Beni e le Attività Culturali Radical Light. Italy's Divisionist Painters, National Gallery, Londres, jusqu'au 7 septembre 2008, puis au Kunsthaus de Zurich du 27 septembre 2008 au 11 janvier 2009. Slave City : la terreur écolonomique par l'Atelier Van Lieshout
![]()
Le designer hollandais Joep Van Lieshout est célèbre non seulement pour son mobilier minimal et coloré, mais également pour ses projets utopiques d'unités habitables, réalisées au sein de l'Atelier Van Lieshout, à Rotterdam. Dans ces immenses ateliers de production, Van Lieshout et son équipe ont notamment réalisé une WombHouse (Maison-Utérus), un BikiniBar en forme de buste féminin, ou encore un BarRectum, également appelé AssholeBar ou BarAnus... Ill. Atelier Van Lieshout, vue et maquette du 5 star brothel for males, 2005, © Atelier Van Lieshout Un Mitterrand à RomePosté par Magali le 16.06.08 à 14:32 | tags : patrimoine
Après quelques semaines d'un suspense, qui réellement n'en aura fait frémir que quelques-uns dans le petit milieu de la culture, Nicolas Sarkozy et la ministre de la Culture Christine Albanel ont choisi de nommer, sur proposition d'une Commission, le nouveau directeur de la Villa Médicis : ce sera Frédéric Mitterrand, neveu célèbre, mais aussi scénariste, animateur télé, écrivain, producteur, réalisateur, etc.
Ill. : Claude Debussy (au centre, en veste blanche) et ses camarades à la Villa Médicis, 1885, Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Germain-en-Laye Peter Doig : luxe, calme et volupté au MAMVP
![]() Pour ceux qui ne partent pas en vacances cet été, et voudront se zénifier un peu en plein Paris, il n'est que trop conseillé de venir admirer les yeux plissés de jouissance esthétique les toiles solaires — ou lunaires — de Peter Doig, peintre écossais installé dans l'île de Trinidad. ![]()
Ill. : Peter Doig, 100 Years Ago, 2001, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Centre de création industrielle), Paris © Peter Doig. Courtesy Centre Pompidou, Paris — Arnold Böcklin, L'Ile des Mort, 1883, Nationalgalerie, Berlin Les Américains de Robert Franck : l'odyssée d'une éditionPosté par Magali le 11.06.08 à 12:25 | tags : photographie
![]() ![]() Dès l'origine, l'existence même du mythique ouvrage de photographie The Americans de Robert Frank pose problème. Résultats d'une commande de la Fondation Guggenheim, les 20 000 clichés réalisés en 1955-1956 par le photographe suisse lors d'un road trip aux Etats-Unis ne donnent pas une image très positive de la nation américaine : inégalités sociales, ségrégation des Noirs, fascination pour l'argent et le matérialisme, culte des apparences collaient mal au poncif des fifties aux tons pastels, synonymes du rêve américain. Le livre, qui comporte une sélection de 83 photos, est d'abord publié en France, par Robert Delpire, en 1958. Contre l'avis du photographe, un dessin de Saul Steinberg orne la couverture, et des textes d'Alain Bosquet remplacent la préface écrite par Jack Kerouac, dont le Sur la route résonne pourtant parfaitement avec les clichés de Robert Frank. Passé inaperçu en France, Les Américains paraît peu après aux Etats-Unis, chez Grove Press, cette fois-ci avec le texte de Kerouac et une photo de Frank en couverture. Les critiques saluent l'ouvrage, le public crie au scandale. Robert Frank a imaginé pour le cinquantenaire de sa publication une réédition de son célèbre opus chez l'éditeur Steidl, à partir de ses tirages originaux. Or l'ouvrage est réédité parallèlement cette année par son éditeur d'origine, Robert Delpire, qui en détient les droits pour la France et refuse jusqu'à présent de les céder au géant allemand de l'édition, qui de fait a publié le livre dans l'Hexagone... en version anglaise. Non seulement les textes, mais également la couverture, le format, la typo sont différents. Les photographies, elles, restent les mêmes. Le reste n'est que littérature. Les Américains, de Robert Frank. Ed. Delpire, 180 p., 39,50 € (ill.) The Americans, de Robert Frank. Ed. Steidl, 180 p., 32 €. Les Hommes d'Ariane Michel : to be or not to be ?![]() ![]()
![]()
![]() Pour Les Hommes, Ariane Michel a accompagné pendant plusieurs jours les membres de l'expédition Ecopolaris au nord-est du Groënland, à bord du navire scientifique Tara. La longue première séquence du film est somptueuse. Le regard glisse sur une mer gelée, dans laquelle se fondent terre et ciel. Au son lancinant du bateau qui semble geindre sous la pression de la glace, on découvre une terre presque vierge, animée d'une végétation microscopique et d'animaux à l'allure préhistorique. Là pourtant, une civilisation a existé, avant de disparaître pour des raisons encore inconnues. L'artiste-cinéaste filme les paysages et les hommes à la hauteur des animaux, qui se retrouvent ainsi dans la position d'observateurs. En empathie avec les sujets observés, Ariane Michel souligne la contingence de toute créature vivante, et, paradoxalement, de l'homme en particulier. Les Hommes, d'Ariane Michel, sortie en salles le 11 juin 2008 Distribué par Shellac
Voir la bande-annonce ici et la fiche du film dans la rubrique Cinéma de Flu. Tixador & Poincheval : l'art six pieds sous terre![]() ![]()
Relier Nantes à Metz, via Caen, en ligne droite — non pas en suivant les routes, mais en stricte ligne droite, c'est-à-dire en enjambant routes, immeubles, champs ou cours d'eau —, s'enfermer chacun dans la cave d'un centre d'art pendant trois semaines, être le premier artiste à atteindre le pôle Nord...
Le duo d'artistes Laurent Tixador et Abraham Poincheval pratique depuis sept ans l'art comme une succession d'aventures aussi inutiles que spectaculaires. Ils y explorent tour à tour les angoisses les plus élémentaires : enfermement, solitude, rapport à soi et aux autres...
Leur plus récent exploit, intitulé Horizon moins vingt, a consisté à creuser à raison d'un mètre par jour un tunnel de vingt mètres de long, rebouché au fur et à mesure de leur progression. Ainsi isolés pendant trois semaines, ces deux doux dingues ne sont pas restés inactifs, sculptant ce qu'ils avaient sous la main, manches de pioches, tessons et même des os provenant d'un cimetière désaffecté. Ce sont les résidus de leur captivité volontaire que présente la galerie In Situ — il faut bien vivre...
Leur dernier défi : rester une nuit entière en slip, mais armés d'élastiques, sous une gigantesque cage en mousseline infectée de moustiques, aménagée au sous-sol de la galerie et dénommée l'Arène. On peut s'interroger : mis à part les artefacts fabriqués lors de leurs expériences extrêmes, en quoi est-ce de l'art ? Pour répondre doctement, il faudrait situer la démarche de Tixador et Poincheval dans la lignée de la performance, voire du Land Art. On peut aussi tenter d'inventer une nouvelle taxinomie : l'Adventure Art, le Jackass Art ?
Laurent Tixador et Abraham Poincheval, galerie In Situ, Paris (www) Mieux vaut tard que jamais : hommage à Robert Rauschenberg
![]() Il était temps de rendre hommage à Robert Rauschenberg, illustre artiste américain décédé récemment, dont le Centre Pompidou avait célébré il y a deux ans la fracassante modernité avec une exposition de ses Combines, collages d'objets post-dada et pré-Pop Art.
Car s'il y eut bien un père de l'art contemporain, ce ne fut ni Andy Warhol, ni Joseph Beuys ou Jasper Johns, mais bien Rauschenberg, auteur détaché mais déterminé d'une œuvre aux accents totémiques, allant chercher tant dans le non-respect du traditionnalisme à la Dada que dans la force de suggestion des arts non-Occidentaux.
Ouvert aux autres arts, Rauschenberg collabora avec le compositeur John Cage et le chorégraphe Merce Cunningham. Grand amateur de danse, il affirmait : « C'est la danse qui rend claire la conscience du moment présent, partagé à la fois par le danseur et le spectateur. Le corps est l'événement et cet événement n'existe qu'une fois (...). Il est frustrant que l'art du peintre ou du sculpteur ne puisse jamais approcher ce présent toujours changeant, ne dise jamais rien de cette vie du corps indépendant de l'art... ».
D'origine texane, le personnage était d'une grande élégance, et alliait à une excellente connaissance de l'histoire de l'art une réflexion profonde sur sa pratique, affirmant notamment : « Je ne fais ni de l’art pour l’art, ni de l’art contre l’art. Je suis pour l’art, mais pour l’art qui n’a rien à voir avec l’art. L’art a tout à voir avec la vie ».
Il est mort le 12 mai dernier chez lui, en Floride, d'une crise cardiaque, à l'âge de 82 ans. Chaos et divertissement au Palais de TokyoLe Palais de Tokyo accueille cet été cinq mini-expositions d'artistes placées sous le signe du chaos comme de l'entertainment les plus fous. Les expositions, collectivement intitulées Superdome, en référence à ce lieu mythique de la Nouvelle-Orléans, à la fois terrain de jeu du Superbowl et refuge des sinistrés de l'ouragan Katrina, rendent compte d'une schizophrénie contemporaine entre détresse et divertissement, dans la lignée des expositions que le directeur du Palais de Tokyo, Marc-Olivier Wahler, consacre depuis deux ans à la notion d'élasticité de l'œuvre d'art.
![]()
Sans conteste, l'œuvre la plus impressionnante est l'installation Last Manœuvres in The Dark, du duo d'artistes Fabien Giraud & Raphaël Siboni. Fichés sur de hautes piques, 300 casques de Dark Vador en terre cuite émaillée noire menacent le spectateur, tels une armée fantôme. Chaque casque abrite un ordinateur qui communique avec les autres pour former une intelligence artificielle produisant une musique mixée, aux sons graves et profonds. L'effet est saisissant.
![]()
Plus « léger », l'éléphant en équilibre sur la trompe de Daniel Firman, Würsa, défie les lois de la gravité terrestre. À partir de savants calculs scientifiques, l'artiste a estimé que c'était pourtant possible... à 18 000 km de la Terre, ou sur une planète de 2484 km de circonférence, à faible gravitation. L'hyperréalisme de la sculpture ajoute au malaise que l'on ressent en faisant le constat de la relativité des circonstances de vie sur terre. Yves Saint-Laurent, RIPPosté par Easywriter le 02.06.08 à 11:46
En revanche, parmi les nombreuses citations qui émaillent les hommages qu'on peut lire dans la presse, on retiendra cette phrase un peu étonnante mais au fond extrêmement inspirée de Françoise Giroud : "Le secret qui a rendu Yves Saint Laurent souverain de son époque, avait un jour expliqué Françoise Giroud, c'est qu'il hait la mode. La mode telle qu'on l'entend, métronome stupide qui bat l'année à deux temps - été-hiver, hiver-été - et qui voudrait croire qu'il donne le la."
|
Discussions en cours sur le forum arts :
|