Expos : blog actu arts et expos. De Visu.

Archives > Avril 2008

Pour une écologie sexy : les éoliennes de Philippe Starck

Posté par Lucie le 28.04.08 à 15:53 | tags : design

 

Le designer Philippe Starck a lutté pour une démocratisation du design et fait plusieurs fois acte de repentance face à l’impitoyable matérialité de sa discipline, vecteur à ses propres yeux de luxe inutile. Depuis de nombreuses années il était le porteur d’initiatives écologiques, en se lançant notamment dans une gamme d’aliments biologiques. Au salon du design écologique, il présente une éolienne individuelle à bas prix. Il s’est associé pour se faire à la firme italienne Pramac. Elle vaudrait entre 300 et 400 euros, elle serait esthétique, discrète, et respecterait le paysage… Très tentant donc.
Avec Pramac le designer aurait également le projet d’une voiture électrique et de bateaux totalement solaires ou hybrides solaire-hydrogène, « abordables et très sexy » selon ses propres mots, ainsi que des panneaux photovoltaïques sur lesquelles on pourra imprimer des dessins… Dans le cadre d'un autre projet, artistique, nommé Virgin Galactic, Philippe Starck collabore avec l’architecte Norman Foster (l’auteur du célèbre « cornichon érotique » de Londres), ils proposeront des voyages dans une petite fusée qui sera « une machine à produire de la conscience écologique »...
affaire à suivre…
A l’heure des Grenelles un rien bidons, pour une écologie sexy : Votez Philippe Starck !
Voir un diaporama des propositions écologiques des différents designers présents sur le salon.
Green Energy Design
, salon du design, jusqu'au 1er mai à Milan.

 

 

 

 

 

 




Bert Rodriguez au Plateau, un américain à Paris

Posté par Lucie le 26.04.08 à 11:00 | tags : art contemporain, expos à paris

Bert Rodriguez est un artiste dit « subversif ». En 2000, dans A Pre Retrospective, les spectateurs pouvaient voir ses dessins d’enfants jusqu’à ses premiers dessins d’étudiant en école d’art.
En 2004-2005, il intitule son exposition The Presents I never gived et réunit les cadeaux qu’il n’a jamais offert à ses anciennes petites amies…

Au Plateau, dans l’espace expérimental il crée In situ, le regard d’un américain sur Paris. Apparemment, l’expo se construira en se construisant… Pour l’instant ce qu’on peut voir est en effet très déstabilisant, mais ne révélons rien…

 

In situ de Bert Rodriguez au Plateau (www) jusqu'au 25 mai.







Cao Fei au Plateau, portrait d'une Chine éclectique

Posté par Lucie le 25.04.08 à 17:20 | tags : art contemporain, expos à paris

Première exposition française de la jeune chinoise déjà très populaire dans son pays Cao Fei, dont le travail reteint l’attention aux dernières biennales de Lyon, Venise et Istanbul.

L’univers de cette jeune plasticienne fait l’effet d’un kaléidoscope. Foisonnantes, disparates, hétéroclites, assez inégales, ses propositions plastiques dressent un portrait multi facettes de la Chine, entre réalité sociale et monde virtuel.

Mangas et autres mondes parallèles


Cao Fei travaille notamment sur des vidéos en 3D typées jeu vidéo, une usine futuriste édulcorée notamment, bonbon pas désagréable avec musique électro-guillerette, mais sans grande profondeur. En face les vagabondages de personnages virtuels, des guerriers ou guerrières mangas qui errent dans des grands espaces. Une atmosphère, entre mélancolie et contemplation, sentiment d’absence et d’inconnu, mais sont sans grande valeur esthétique. Les phrases pseudo existentielles qui les ponctuent sont dignes des conclusions de films croyants américains, très simplistes...
Une première impression plutôt mitigée donc, mais d’autres facettes de son travail retiennent l’attention… vraiment vraiment...

Whose utopia?


Une vidéo loufoque rend compte d’une performance de l’artiste. Un défilé de mode reprend dans des clichés burlesques différents genre de femmes chinoises et tourne au ridicule et à l’absurde leur identité, à grand renfort de costumes débilos et de jeu expressionniste. La concubine, l’intellectuelle, l’ouvrière etc. défilent pour une élection hors normes. Multi- Chine/multi-femmes.
Dans « Whose utopia », la jeune artiste a travaillé en collaboration avec des salariés de l’usine de luminaires OSRAM. Mécanisation, aliénation, travail à la chaine, Cao Fei interroge l’usine et filme avec respect les ouvriers, sans complaisance et sans pathétique. des phrases : « Ma future is not a dream », ou "What are you doing here?" ponctue ses images. Par le biais de l’art, elle invite les ouvriers à décaler leur environnement quotidien oppressant. Elle crée ainsi des aérations dans les espaces viciés de l'entreprise. Dans la vidéo suivante, différentes personnes toutes générations confondues (la grand-mère est top...), dans des tenues de travail ou des uniformes, sont conviés pour un hip hop des rues. Dynamique et vitalisant, le film brosse un portrait de la Chine urbaine, et affirme la volonté de l'artiste de créer des interstices dans les quotidiens parfois pesant et d’insuffler de la joie de vivre.

Illustr1 Yanmy at home©Cao fei et Vitamine Creative Space; illust2 Extrait du film What are you doing here? 2006©Cao fei et Lombard-Freid.

Exposition cao Fei au Plateau, FRAC Ile de France, (www) jusqu'au 25 mai.

Voir le site de Cao Fei.




Linda McCartney photographs in London

Posté par Lucie le 24.04.08 à 15:42 | tags : photographie

 

Demain à Londres, à la galerie James Hyman, débute une exposition consacrée aux photographies de Linda McCartney, la femme, décédée prématurément il y 10 ans, de Paul. C’est la première exposition majeure dédiée à l’artiste. Parmi les vingt huit clichés exposés, des photos de John Lennon, Mick Jagger, Janis Joplin, Gilbert & George, Jim Morrison ou Simon and Garfunkel, mais aussi des photos de famille, de Paul et les enfants, dans leur ferme écossaise ou dans leur maison. Pour James Hyman, l’exposition va au-delà d’une simple rétrospective des icones rock des années 1960, Linda témoigne d’une réelle sensibilité de photographe, profession qu’elle exerçait avant de rencontrer Paul.
A voir quelques clichés, il semblerait que ce soit vrai…
Voilà de quoi prendre l’eurostar, ou bien peut-être profiter du prêt à taux zéro de Christine Albanel (se rappeler)- 25 des 28 photos de l’expo sont en vente, autour de 9 500 $...-

 

Une vidéo de Paul McCartney dans laquelle il répond aux questions de James Hyman est visible sur le site internet de l'ex Beatles.

 

Illustr1 Paul and Heather, Cliveden 1969©courtesy James Hyman galery; illustr2 John Lennon, London, 1969©courtesy James Hyman galery.

 

Linda McCartney photographs à la Galery James Hyman (www) jusqu'au 19 juillet. Les photos sont visibles sur le site de la galerie (ici)




POUIN. POINT, peintures videos sonores

Posté par Lucie le 23.04.08 à 12:20 | tags : art numérique, expos

A l’Espace Icare, Jérémy Meignan et Benjamin Calais présente leur Pouin.point, de la Peinture Vidéo Sonore… Des écrans sur lequel se créent des peintures virtuelles qui réagissent à différents paramètres préprogrammés par les artistes et évoluent sans discontinuer. Un traitement similaire du matériau son s’oriente également vers cette optique de permanente métamorphose des impressions.

POUIN.POINT à l'Espace Icare (www) d'Issy les Moulineaux jusqu'au 30 avril.




Xu Yong + Yu Na: Drôle de Chine

Posté par Lucie le 23.04.08 à 10:23 | tags : galerie à paris, photographie

Très curieuses ces photographies de Xu Yong...
Le photographe s’est associé à Yu Na une ex call-girl qui entend par cet acte artistique retrouver son intégrité morale et physique en prenant le dessus dans des situations qui font échos pour elle à des humiliations. Outre cette démarche humaine les clichés ont une réelle valeur esthétique.
Dans des mises en scène d’une froideur mathématique qui ne sont pas sans rappeler certaines séries du photographe Edouard Levé, l’artiste met en scène sa société moderne dans des espaces blafards et transpose en espace rituel les nouveaux lieux du quotidien de l’entreprise. Les bureaux se transforment en autel, les smokings sont les uniformes d’une armée impersonnelle et figée, violente dans sa passivité et sa transparence.
En opposition à ces hommes une jeune femme, nue ou peu habillée prend la pose, mannequin imperturbable dans des postures on ne peut plus clichées. Ses attitudes frôleraient le ridicule si sa beauté n’était pas tant magnétique. Les hommes ne sont pourtant pas sensibles à la jeune femme, pas comme on l’attendrait en tous cas. Les deux univers sont partie intégrante l’un de l’autre.
Que désire montrer Xu Yong: les nouvelles aspirations de la Chine, une mythologie contemporaine de dévotion au commerce, au glamour de façade et au confort à l’américaine. Tout ça dans une froideur et une épure qui intègre de l'ironie ou de l'absurde teintés de morbide.
La photo au drapeau est très symptomatique d’une mutation, là où le passé maoïste cède la place à une Marilyne chinoise, blonde et dévêtue, une icône autrement plus attrayante dans la Chine d’aujourd’hui… égérie qui ne diffuse pour autant de réelle sensualité, d'émotion ni même de vent de liberté.

 


Illustr Solution Scheme B2 et D3 Xu Yong©courtesy galerie Albert Benamou.

Solution Scheme, de Xu Yong + Yu Na à la galerie Albert Benamou (www) jusqu'au 24 mai 2008.




Polémiques : Les parisiens sous l’Occupation

Posté par Lucie le 22.04.08 à 11:53 | tags : expos, patrimoine

L’adjoint au maire de Paris chargé de la culture Christophe Girard demande la fermeture de l’exposition Les parisiens sous l’occupation. Le photographe André Zucca dont les clichés sont présentés était salarié par le magazine nazi Signal. Ses photographies relatent un Paris calme et paisible où il fait bon vivre, au moment même où de nombreuses rafles avaient lieues. Si l’on ajoute à cela que les photos n’étaient pas permises à cette époque sauf aux collaborateurs et que les images ont été fixées sur des pellicules offertes par l’occupant, on ne comprend même pas que cette expo ait pu être conçue. L’adjoint avait déjà annoncé sur Arrêt sur Image le 17 avril l’arrêt de la campagne d’affichage: jolie photo d’un joli Paris dans le quartier juif de la rue des Rosiers, une offense majeure pour les habitants.

En ouverture de l’expo, un encart rappelle que le photographe « a choisi un regard qui ne montre rien, ou si peu, de la réalité de l’Occupation et de ses aspects dramatiques ». Euphémisme fracassant. Fermez cette expo s’il vous plait monsieur l’adjoint.




Camille Claudel au musée Rodin

Posté par Easywriter le 18.04.08 à 15:52 | tags : expos à paris, sculpture
Sous un titre quelque peu racoleur, « Camille Claudel, une femme, une artiste », le musée Rodin organise une exposition de type « blockbuster », même si l'institution se défend d'exploiter la veine sulfureuse de la vie privée de l'artiste. Or, à trop vouloir apaiser les passions, l'exposition en devient assez froide, et le parcours égrène les époques et les thèmes : formation, portraits de famille, L'Age mûr, etc.

Peu de découvertes donc dans cette exposition, mais l'essentiel est là, l'œuvre de l'artiste étant assez concise. Quelques petites études jalousement gardées en collections privées feront le délice des amateurs, notamment un petit plâtre rodinien, délicat pied posé sur la pointe, résumant à la fois la force et la délicatesse du modelé de Camille Claudel.
Illus : César, Portrait de Camille Claudel à 18 ans, 1881, papier albuminé, 15,5 x 10,3 cm, Ph. 527, © musée Rodin, Paris, 2008

Magali Lesauvage

 




Des jeunes gens mödernes : vernissage

Posté par Lucie le 14.04.08 à 17:59 | tags : art contemporain

Une p'tite vidéo bien foutue autour de l'expo Des jeunes gens mödernes, actuellement à la galerie du jour de Agnes B :

 

 




Jeff Koons chez Taschen

Posté par Lucie le 14.04.08 à 17:50 | tags : art contemporain
1500 livres numérotés sur Jeff Koons - et signés par l’artiste - pour la modique somme de 1000 euros... C’est le cadeau que propose l’éditeur Taschen - qui sait être autant populaire que select - en ce mois d’avril. Espérons que les véritables fans auront pu économiser à temps… Quant aux autres, il ne reste plus qu’à attendre (patiemment) la version cheap…



Jan Fabre , cet être ange de la métamorphose

Posté par Lucie le 09.04.08 à 17:40 | tags : art contemporain, louvre
Le Louvre offre une carte blanche à Jan Fabre à partir du 11 avril et jusqu’au 7 juillet. La démarche est particulière en ce que le plasticien flamand (et chorégraphe, rappelons nous les jolies polémiques d’Avignon 2005…) investit les salles de l’école du Nord et propose une aventure plastique en lien avec les toiles de ses aïeux, vivement respectés par l’artiste, Rubens, Bosch, Van Eyck...
Fabre dit avoir conçu son parcours comme une « dramaturgie mentale », il s’est inspiré des thèmes développés par ces peintres en les étirant vers de nouvelles interprétations. Dès vendredi, le Louvre ouvrira ses portes sur les habituels petits objets du plasticien, l’encre de ses chers stylos bic, ses scarabées et autres insectes, son sang et autres fluides.
"Les visiteurs seront-ils choqués? Je ne crois pas. Je crois au lien secret entre le spectateur et l'œuvre d'art", aurait-il conclu dans un "charmant" sourire (source AFP). Toujours cette même désinvolture… Ah cette fameuse vidéo où Fabre déguisé en mouche parlemente sur le sens de la vie avec un ami philosophe déguisé en abeille...Cet « ange de la métamorphose » n’a pas fini d’attiser la curiosité.
Illustr. Colombes qui chient et rats qui volent 2008, prêt Angelos bvba/Jan Fabre photo Attilio Maranzano, © Angelos.© Adagp, 2008

L’ange de la métamorphose, exposition de Jan Fabre, musée du Louvre, du 11 avril au 7 juillet.
Le 11 avril, France Culture est en direct du Louvre pour des émissions autour de Jan Fabre. (9h : La fabrique de l’histoire ; 12h : Tout arrive ; 17h : Du grain à moudre ; 18h : Minuit/Dix)
Le 22 avril Jan Fabre présentera une performance unique de 19h à minuit – dont le thème est « secret » - dans la galerie Daru, qui mène à la Victoire de Samothrace. Le public sera admis par intermittence et la performance retransmise dans la cour Napoléon.

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Que penser du prêt à taux 0 de madame Albanel ?

Posté par Lucie le 08.04.08 à 16:05 | tags : art contemporain

 

Christine Albanel entend relancer le marché de l’art en permettant aux particuliers d’acheter des œuvres d’art contemporain entre 7000 et 10 000 euros en bénéficiant d’un prêt à taux 0. L’idée est apparemment britannique « Own art », et aurait très bien marché outre-Manche.

Ca donne envie de poser quelques questions :

Pragmatiquement : Etant donné l’aspect spéculatif du marché de l’art ? Est-il intéressant de s’endetter sur plusieurs années pour une œuvre qui ne vaudra peut être plus rien dans quelques mois ? (le contraire, qui est possible également semble bien sûr plus attrayant…)
Sociologiquement : Qui peut être intéressé par la possession d’une œuvre d’art ? – La ministre entend viser les classes moyennes.- Est-ce là tout un esprit, toute une culture que de s’intéresser au marché de l’art, au-delà d’une fréquentation même régulière des musées et des galeries?
Artistiquement : N’est-ce pas même un métier de spécialiste que d’avoir un recul sur une œuvre d’art en regard d’une histoire de l’art en général?
Futurismement : Ce placement doit-il être désintéressé, juste pour l’esthétique ? Ou acquerra-t-il la même valeur qu’un placement immobilier dans quelques années?
Ou plus brutalement : Enfin, ces classes moyennes, parfois endettées par un prêt auto, ne vont-elles pas recevoir cette proposition comme une provocation ?




Agnes B, Des jeunes gens mödernes: eux, nous, une rencontre possible !

Posté par Lucie le 08.04.08 à 11:00 | tags : art contemporain, mode

 

La galerie Agnes B propose une plongée dans les mouvements post-punk, cold wave et culture novö en France. Ces mouvements apparaissent dans la fin des années 70 et le début des années 80, de 1978 à 1983 pour être plus précis. Un mouvement flottant, trouble, qui se révèle assez complexe en ce qu’il est à la croisée de plusieurs chemins.

L’expo se propose d’approcher cette période de façon exhaustive : « à travers sa production musicale, son esthétique, son attitude, et ses problématiques récurrentes ». Ni punk, ni rock, ni bab : ni No Future, ni Sex drug et rock’n roll, ni Peace and love. Coincés dans la guerre froide et la menace d’une crise économique, ces jeunes gens sont plutôt des néo dandys sans trop de frime, un peu enfants gâtés, un peu désabusés, porteur d’une utopie qui intègre l’ironie et qui ne renie pas une certaine complexité du monde. Ils apparaissent plutôt réalistes donc, et peut-être assez proche d’une grande tranche de la jeunesse actuelle, qui ne se reconnait pas dans des idéaux tranchés et qui compose son patchwork de pensées à la croisée de différentes tendances et de différents héritages.

C’est d’ailleurs la deuxième vocation de cette expo que de confronter cette période à la nôtre. Enki Bilal, Claude Levêque, Pierre La Police, Xavier Veilhan, Damien Deroubaix, Laurent Fétis, Elisabeth Arkhipoff et beaucoup d'autres ont apporté pour se faire leur contribution.

Allons donc voir si il y a un trait de ressemblance…

 

Illustr 1 Etienne Daho et Nicole Caloc'h des Sax Pustuls©Pierre René-Worms; illustr 2 Pacadis et Les Rita Mitsouko au Bourget, 1982©Emmanuel Bovet.

Consulter notre petite histoire de la New Wave pour une novö révision ou en complément post-expo.

Des jeunes gens mödernes (1978-1983), galerie du jour Agnes B, jusqu'au 17 mai. Un catalogue (ed la galerie du jour/Naive), une compilation (Agnes B/Naïve) et un documentaire (Love Streams/ Agnes B) voient le jour à cette occasion.

Un avant gout avec le petit diaporama de photos sur le site de la galerie Agnes B (www).




Les joyeuses nippes de Kaarina Kaikkonen (100%Finlande)

Posté par Lucie le 07.04.08 à 11:18 | tags : art contemporain, installation

 

 

La saison culturelle 100 % Finlande organisée par Cultures France décline 250 évènements dans toute la France d’avril à juin. Occasion de découvrir ce pays par la biais de ces pratiques artistiques.

En ce moment, au Mans on peut voir les installations de Kaarina Kaikkonen. Un de ses projets consiste à relier trois grands immeubles (L’Espal) avec des ribambelles d’habits colorés. Deux autres installations de la plasticienne sont également présentées à base de papiers toilettes et de vêtements.

Le site de 100 % Finlande vient de mettre en ligne un podcast qui éclaire le travail de Kaarina Kaikkonen.

Illustr Installation de Kaarina Kaikonnen©tous droits réservés



Installation de Kaarina Kaikonnen, L'Espal, Le Mans, 28 mars - 25 juin

Voir le site de 100 % Finlande (www)

(News proposée par J.Foucher dit Blomki: merci)




"La cruci fiction" de Mickey : couverture de Mouvement controversée

Posté par Lucie le 01.04.08 à 15:56 | tags : art contemporain, revue

Cette couverture a fait polémique, des personnes de religion catholique ont manifesté leur désapprobation. L’œuvre est d’un collectif d’artistes contemporains Taroop&Glabel , qui a l’habitude d’ interroger des thèmes comme le commerce, la religion, la société du divertissement, les ordres militaires ou médiatiques. Le collectif tente de ridiculiser et désacraliser certaines icônes, en bref il s’attaque à tout ce qui pourrait, poussé à l’extrême, nuire à l’épanouissement d’un penser par soi-même.


Jean-Marc Adolphe, Valérie Da Costa et David Sanson de Mouvement ont donc répondu à ces accusations (www) en étayant leur propos de réflexions sur la notion même d’icône :
« Désacraliser ce qui nous rabat sans cesse sur l’identique de notre identité, telle est l’une des premières vocations de l’art. Son travail de sape, en quelque sorte, à l’encontre des représentations dominantes et de l’idolâtrie », écrivons-nous dans l’éditorial de ce numéro 47. Ces mots, qui font référence au philosophe Giorgio Agamben, trouvent un écho inattendu dans les écrits de théologiens tels que Raymon Panikkar et, surtout, le jésuite Christoph Theobald : dans son ouvrage La Révélation (publié en 2001 aux Editions de l’Atelier), celui-ci dit-il autre chose lorsqu’il rappelle que tout le Premier Testament, de même que la Torah, condamne l’idolâtrie ? Dans le chapitre intitulé « La fin de l’Histoire », Theobald montre combien les pouvoirs religieux ont eu tendance à fabriquer des images, à « chosifier » des êtres qui n’étaient que fraternité, des figures ensuite récupérées par les pouvoirs politiques ou économiques. »


Très judicieux de la part des rédacteurs de pointer ce problème de fond qui renvoie au rôle et à la puissance, délicate à gérer, de l’image, du symbole et de l’icône. Ils rétorquent également avec des arguments un peu plus provocateurs et contemporains qui soulignent leur étonnement face au caractère un rien conservateur des plaintes :

« On se contentera de rappeler que, depuis les articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et les lois du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, la notion de blasphème n’existe plus en droit français dès lors qu’il n’y a ni atteinte à l’ordre public, ni "provocation aux crimes et délits". Manifestement, certains de nos interlocuteurs semblent le regretter. Plus sûrement qu’auprès des tribunaux, c’est chez Nicolas Sarkozy que les arguments des nostalgiques de la période d’avant la loi de 1905 (entérinant la séparation de l’Eglise et de l’Etat) risquent de trouver une oreille attentive. »

 

Pauvre Jésus, pauvre Mickey

La tonalité ironique et vindicative de ce deuxième extrait satisfait notre indignation face à la possibilité de telles objections. Bien sûr la référence à Nicolas S. est peut-être un peu gratuite et sauvage. Mais il est en effet un peu étonnant au 20ème siècle de ne pas pouvoir accepter que l’art, qui propose un regard réflexif sur l’individu et la société ne puisse exercer son esprit critique sur la religion ou Walt Disney. Qui plus est dans une société où l’on peut avoir un sac à l’effigie de Jésus ou de la Cène. Si ces personnes se rendaient dans les musées, elles s’apercevraient que les signes de la chrétienté ont été et sont bien souvent mis à mal… Qui plus est, effet non souhaité, ces remarques enflent l’importance de cette couverture en la rendant médiatique.


On se prend à penser que ce serait plutôt à Mister Walt Disney de s’émouvoir qu’on inflige ainsi à sa petite souris de telles tortures. Petite souris, elle aussi de nombreuses fois victime des méchants artistes, pour le meilleur et pour le pire... (dans l'ordre d'apparition Taroop&Glabel, Andy Warhol, Keith Haring, J.M. Basquiat et Philippe Huart).

 






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