Expos : blog actu arts et expos. De Visu.

Archives > Mars 2006

Yto Barrada au Jeu de Paume

Posté par Van le 31.03.06 à 12:50 | tags : expos, jeu de paume, loufoque, photographie

Artiste franco-marocaine, Yto Barrada interroge, à travers ses photographies et vidéos, les rapports Nord-Sud et observe le "désir d'occident" des laissés-pour-compte du continent africain.
"En arabe, tout comme en français et en anglais, détroit conjugue étroitesse et détresse. L'entreprise coloniale a laissé un héritage complexe qui a façonné en profondeur le bassin méditerranéen et remodelé l'image et l'usage du Détroit de Gibraltar. Avant 1991, les Marocains munis d'un passeport avaient toute latitude de voyager en Europe. Mais depuis les Accords de Schengen, le droit de visite, désormais unilatéral, ne s'exerce qu'au bénéfice des seuls Européens. Toute une génération de Marocains a donc grandi les yeux rivés sur le Détroit, cet espace singulier et troublant, un lieu où se recoupent les dimensions physique, symbolique, historique et intime."
Jusqu'au 11 juin au Jeu de Paume.
(illus.  Belvédère, Figure 2 ; Tangier 2003. (c) Yto Barrada Courtesy Galerie Polaris)



Los Angeles à Beaubourg

Posté par Van le 30.03.06 à 18:02 | tags : architecture, art et cinéma, art plastique, beaubourg, politique

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Los Angeles, la plus grosse machine à fantasme et à fric, c'est le moment de le demander. Le Centre Pomidou propose en ce moment et jusqu'au 17 juillet une rétrospective à l'image de la ville, monstre. Sa scène artistique, ses architectes, son cinéma, tout ce que L.A. produit depuis cinq décennies, c'est à voir à Beaubourg, et à lire sur Flu, le mag.
(illus. Hollywood, Ed Ruscha)






Dora Maar aux puces

Posté par Van le 29.03.06 à 17:53 | tags : peinture

Amélie Textiles nous écrit : "Au marché aux puces de Vanves, Sylvie Vervaet présentera sur son stand une vingtaine de petites huiles abstraites, dessins et "encres sensibles" de Dora Maar. Compagne de Picasso, elle fut d'abord une talentueuse photographe. Picasso l'avait incitée à reprendre la peinture, qu'elle avait abandonnée dix ans plus tôt. Ces oeuvres ont été peintes et dessinées à la fin des années 1950 dans la maison que possédait Dora Maar à Ménerbes."
Pour voir Dora Maar en peinture, c'est au musée Picasso. Mais pour voir des peintures de Dora Maar (illus.), c'est donc au marché aux Puces de Vanves (Paris 14e) que ça se passe. Sylvie Vervaet est un marchande "patentée" des Puces de la porte de Vanves et vend principalement des huiles sur toile et oeuvres sur papier du XXe siècle. Voilà une bonne promenade matinale du week end qui pourrait, pour les plus chanceux, se solder par l'acquisition d'une toile peinte par une des muses de Picasso. Samedi 1er et dimanche 2 avril de 8h à 13h.



Art et thérapie : une Issue de secours ?

Posté par Ophélie L. le 28.03.06 à 15:34 | tags : expos

Rencontre incongrue entre un artiste et une infirmière en milieu psychiatrique, l’exposition Issue de secours est un projet mûri plusieurs années et nourri des nombreuses conversations de Bernard Lallemand et Delphine Duflot. Imaginaire et réalité se côtoient, se confrontent et se rencontrent à travers les regards de deux personnalités aux univers différents.
Le travail de Bernard Lallemand interroge le corps, ses flux, son instrumentalisation et tout ce qui attrait à l’association du corps et de la technologie. Ses photographies révèlent des prototypes d’appareillage « psycho-physiologiques ». Des dispositifs criants face à la souffrance des corps et des esprits des personnes dont s’occupe Delphine Duflot, au contact d’enfants autistes au quotidien. Une collaboration singulière, inattendue et passionnante à découvrir à la Galerie municipale de Vitry jusqu’au 16 avril 2006.
(illus. Bernard Lallemand, Kamikaze (détail), 2005)



L’ONG Maison de Sagesse en images

Posté par Ophélie L. le 28.03.06 à 15:18 | tags : expos, international, nombriliste, photographie

Jusqu’au 6 avril, la mairie du 6e arrondissement de Paris accueille une exposition autour de l’ONG La Maison de Sagesse. Aide d’urgence, éducation, développement durable, protection de l’environnement humain, social et affectif, l’association consacre l’ensemble de ses activités depuis 1992 à l’enfance. Présente dans 17 pays, MDS compte actuellement 14 missions, collabore avec l’UNESCO et appartient à la fédération « La Voix de l’enfant ».
En écho à l’espace dévolu à l’histoire de l’association, quelques photographes (Patrick Lazic, Maud Chazeau, Ludovic Le Couster, Jean-Lionel Dias et Bertrand Langlois), témoins de missions en République Dominicaine, au Congo-Brazzaville ou au Sénégal, proposent des regards subjectifs sur une cause universelle. Invité pour le travail pédagogique qu’il effectue auprès des enfants, Yann Arthus-Bertrand confirme encore une fois son engagement pour la planète et ses peuples. Un exposition à soutenir dès ce soir, à partir de 18h, en présence des photographes, et le 6 avril à 18h30 pour une séance de vente aux enchères au profit de l’association.
(illus. Bertrand Langlois, Djéromaït, janvier 2006 © Bertrand Langlois)



Perturbations dans les zones publicitaires web

Posté par Ophélie L. le 27.03.06 à 13:34 | tags : international, palais de tokyo, web

Onze artistes investissent les espaces publicitaires web de grands médias, détournant ainsi ces espaces en lieux d’exposition. Si le principe est loin d’être novateur - de nombreux artistes comme Fred Forest ou Jean-Luc Moulène (lire l'article et le post sur De Visu) l'ont déjà utilisé dans les versions papier de la presse -, ce procédé d’expositions virtuelles mérite d’être pointé. A l’initiative de ce projet, trois lieux physiques : le Palais de Tokyo (Paris), le NICC (New International Cultural Center, Anvers) et le Careof (Milan). Jusqu’au 31 mars, diverses interventions artistiques, réunies via le site web neterotopia, perturbent le système de communication média, le rôle de ces espaces publicitaires en ligne, et interrogent la place de la pub sur le web. Participez au chat qui réunit le public des trois institutions !
(illus. Bannière de Christophe Bruno pour le site web de Libération)



Ed Ruscha, photographe, au Jeu de paume

Posté par Van le 27.03.06 à 11:19 | tags : ed ruscha, jeu de paume, photographie


Gros plan sur Ed Ruscha, artiste de la scène de Los Angeles qui s'expose en ce moment à Beaubourg, à travers quelques unes de ses séries photographiques quasi-documentaires.
C'est au Jeu de paume jusqu'au 30 avril.
(illus. Mock up # 4 (North side of Hollywood Blvd) ; de la série A Few Palm Trees, 1971)
Lire la chronique de l'exposition sur Flu, le mag.



Le million du Palais de Tokyo

Posté par Ophélie L. le 24.03.06 à 17:43 | tags : expos, palais de tokyo


Le Palais de Tokyo a célébré le 10 mars 2006 sa millionième visiteuse! Ouvert depuis quatre ans, le Palais confirme sa réelle réussite et sa singularité dans le paysage culturel français. Des records en prévision, notons que l'exposition Notre Histoire (lire l'article dans Flu, le mag), prolongée jusqu'au 25 mai, a déjà accueillie plus de 100 000 visiteurs! Longue vie au Palais! Une vie à suivre sur De Visu, bien sûr...



Archipeinture au Plateau

Posté par Van le 24.03.06 à 14:12 | tags : architecture, expos, peinture

18 artistes internationaux questionnent l'architecture et l'organisation urbaine avec leurs différents langages artistiques. Une exposition thématique et plutôt critique qui explore la place de l'individu dans les villes.
"Archipeinture, Artists build architecture", jusqu'au 21 mai au Plateau, à Paris.
(illus. Oliver Zwinck, Lüster (détail), 2006)



Nuit des musées 2006 : rendez-vous le 20 mai

Posté par Van le 23.03.06 à 15:46 | tags : musées, nuit des musées
La prochaine édition de "La Nuit des musées", initiative de notre ministre de la Culture, aura lieu le 20 mai prochain en France et en Europe. Donnedieu de Vabres a invité, pour la deuxième année consécutive, des musées français et européens à ouvrir gratuitement leurs portes aux visiteurs à des heures "insolites". 850 ont répondu à l'appel en France, 810 dans le reste de l'Europe. Voilà à quoi ressemblait le programme de l'année dernière, en attendant de découvrir prochainement sa version 2006. Bien sûr, on en reparlera ici.



Michel-Ange de plus près

Posté par Van le 23.03.06 à 13:16 | tags : expos, international, michel-ange

"Michelangelo's Drawings : Closer to the Master" réunit pour la première fois des dessins du maître de la Renaissance, qui couvrent soixante années de sa vie. Michel-Ange (1475-1564) n'aurait sans doute pas apprécié, ayant lui-même détruit une grande part de ses études, qui dévoilent son processus de création. Mais c'est pour le grand plaisir de nos yeux que le British Museum, estimant peut-être que les 450 ans qui nous séparent de sa mort suffisent enfin à établir la prescription, a exhumé ces trésors pour approcher d'un peu plus près un génie touché par la grâce divine. Jusqu'au 25 juin à Londres.
(illus. Crucifixion, dessin à la craie noire ; vers 1538-1541)



Magritte subvertit la photographie

Posté par Van le 23.03.06 à 11:37 | tags : magritte, mep, photographie
Quand Magritte fait de la photo pour se distraire de la peinture...
Souvent taxé d'académisme dans ses toiles, l'artiste belge se laisse aller à son penchant anticonformiste à travers l'objectif. L'exposition proposée par la Maison Européenne de la photographie rassemble 250 tirages originaux, pour la plupart inédits, accompagnés de neuf films réalisés par Magritte entre 1955 et 1960. L'histoire de sa vie en trois étapes, la construction de son personnage fantaisiste et insurrectionnel qui répond à l'injonction surréaliste : "Tout remettre en question dans tous les instants". Rafraîchissant !
"Magritte et la photographie", jusqu'au 11 juin à la MEP, à Paris.
(illus. La coquetterie, autoportrait au photomaton, Jardin des plantes, Paris, 1924)
MAJ : lire la chronique de l'expo à la MEP + celle à la Fondation Maillol sur Flu, le mag.



Musée du quai Branly : J – 91

Posté par Ophélie L. le 23.03.06 à 09:12 | tags : musées, quai branly, web
Dernière ligne droite, le musée du quai Branly sera inauguré le 20 juin 2006 par Jacques Chirac. 290 000 objets, issus des anciennes collections du musée de l’Homme et du musée des Arts d’Afrique et d’Océanie, celles d’arts non-occidentaux. Pratiquement aux pieds de la Tour Eiffel, le bâtiment de Jean Nouvel est construit sur pilotis dans un environnement verdoyant (voir le mur végétal en ligne). Après un bon coup de balai (inventaire, restauration, numérisation des collections), les objets seront accessibles en ligne. Exit les visions ethnographiques ou encyclopédiques longtemps considérées comme les seules voies de l’interprétation de ces objets, ce projet s’inscrit dans le domaine scientifique et se veut plus interactif. Le musée souhaite développer l’interdisciplinarité et le dialogue entre les chercheurs, mais aussi le public. Un projet d’un montant de 235,2 M €, soit 7 % de plus du budget initial. Un budget ambitieux et une politique menée par son président Stéphane Martin du même acabit, puisqu’il souhaite placer le musée au sein du peloton de tête des plus grandes institutions parisiennes, prévoit une dizaine d’expositions temporaires et espère accueillir 1 M de visiteurs par an. Une politique qui oscille entre la pédagogie, la recherche, l’interaction et toute forme consensuelle, déjà par l’appellation même de l'institution qui évite tout terme désobligeant du type arts « premiers » ou « primitifs ». Un équilibre fragile qui, s’il se tient, promet une belle réussite !
(illus. Statue Chupicaro, Mexique, VIIe-VIIIe s. av. J.-C., musée du quai Branly. Statuette devenue l'icône du musée)



L'Afrique autrement

Posté par Van le 22.03.06 à 12:38 | tags : expos, international
Quand on pense à l'Afrique, les images qui viennent à l'esprit sont souvent celles de famine, pauvreté, guerres, maladies. Pour changer cette vision en noir d'une réalité heureusement beaucoup plus variée et parfois moins sombre, l'historien de l'art Okwui Enwezor a monté une exposition photographique à l'International Center of Photography de New York. Snap Judgments : New Positions in Contemporary African Photography présente, jusqu'au 28 mai, les travaux de jeunes photographes venus des quatre coins du continent africain et tente de conjurer ce phénomène que Enwezor nomme l'"afro-pessimisme". Il ne s'agit pas non plus de faire croire à une réalité en rose, mais d'orienter la vision vers différentes directions. Réalités sociales, identités et mémoires, problématiques urbaines, mais aussi art conceptuel, photographies de mode (illus.). Bref, la photo comme elle se pratique n'importe où ailleurs.
(illus. Thulani, Nontsikelelo "Lolo" Veleko, 2004).



Video’appart : l’art de recevoir

Posté par Ophélie L. le 22.03.06 à 09:07 | tags : art video
L’autre, le corps et l’intime, sont des thèmes éculés, notamment en matière de vidéo. C’est pourtant le thème de la prochaine exposition d’Immanence , espace d’art contemporain fondé par un collectif d’artistes et situé dans le 15e arrondissement de Paris. Au programme, Philippe Bazin, Manuela Marquez (bientôt aussi au CPIF) et Tatiana Cruz, à partir du 22 mars. Mais l’exposition Vidéo’appart a l’originalité de présenter des œuvres dans des appartements privés. Pour cela trois circuits : le circuit sud (du 23 au 26 mars), le circuit nord (du 30 mars au 2 avril) et le circuit est (du 6 au 9 avril). C’est sur inscription, avec pour promesse la rencontre unique et intime avec des œuvres présentées « comme à la maison ».

(illus. Ingrid Ar, Habiter, Tête à tête, deux vidéos en boucle en projection simultanée, parcours nord)



Foire de Maastricht : ruée vers l'art

Posté par Van le 21.03.06 à 12:34 | tags : foire, international, peinture

La foire européenne de l'art (Tefaf) qui s'est tenue à Maastricht (Pays-Bas) du 10 au 19 mars derniers a prouvé qu'elle était devenue la plus importante vente d'art au monde. Une véritable frénésie s'est emparée des visiteurs, et les ventes ont atteint des sommets. Un article du International Herald Tribune (assorti d'un petit slide show) compare l'événement à un immense supermarché rempli d'oeuvres et d'objets sans grand intérêt, au milieu desquels se cachent pourtant de véritables chefs d'oeuvre. Parmi eux, quelques "classiques", Picasso, Degas, Modigliani (illus.), Van Gogh, Rembrandt, mais aussi des oeuvres atypiques d'inconnus, ou même sans signature. Peu importe, il semble que ce qui compte, c'est d'acheter. Voilà au moins un secteur économique qui se porte bien.
(illus. Cariatide en Rouge, Modigliani, 1912)



Le Nisshin Maru, de Greenpeace à Matthew Barney

Posté par Ophélie L. le 21.03.06 à 09:04 | tags : art et cinéma, international, web

Même si la chasse baleinière est interdite, le Nisshin Maru, baleinier japonais, continue son activité en toute impunité, en invoquant le but scientifique. Son quota de chasse pour 2006 : 936 baleines ! La chair des baleines finit dans les grands restaurants japonais… Le 8 janvier dernier alors que Greenpeace agaçait le navire-usine, en s’interposant entre les baleines avec son célèbre zodiaque, le baleinier aurait délibérément percuté le navire de Greenpeace, sérieusement endommagé, avant de « mettre les voiles »… Le 17 janvier, 17 gouvernements* ont lancé un appel au Japon pour qu’il cesse ses « recherches scientifiques » sur les baleines et rappellent ses navires. Greenpeace continue à l’heure actuelle ses actions.

* Allemagne, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Brésil, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Mexique, Nouvelle-Zélande, Portugal, Royaume-Uni, Suède
(illus. bataille navale entre Greenpeace et les baleiniers japonais, © Greenpeace)

Le Nisshin Maru, emblème de la traditionnelle chasse à la baleine nippone, est aussi le lieu dans lequel se déroule le dernier film de l’Américain Matthew Barney, Drawing Restreint 9. Entre incursion dans la culture nippone et dénonciation, le film de Barney (lire la chronique dans le mag), est une véritable fable jouée par le couple Björk et Matthew Barney. Le verdict est sans appel. Quelle agréable surprise de découvrir Barney et Björk (notons que l'Islande ignore aussi le moratoire sur la chasse baleinière) en artistes engagés, pour une si belle cause…
Lire l’article sur le cycle Cremaster.
Voir le site du cycle Cemaster en attendant celui de Drawing Restraint 9, pas encore finalisé.
(illus. Björk dans Drawing Restraint 9 © Matthew Barney)



Edvard Munch au MoMA

Posté par Van le 20.03.06 à 12:27 | tags : expos, international, moma

"Edvard Munch : The Modern Life of the Soul", voilà un fort joli titre d'exposition, celui que le Museum of Modern Art de New York a choisi pour la rétrospective consacrée à l'artiste norvégien, la première depuis trente ans aux Etats-Unis. L'exposition a pour ambition de rendre compte de l'ensemble de l'oeuvre de Munch (1864-1944), de 1880 à 1944, à coup d'"échantillons" représentatifs de chacune de ses périodes. Elle promet d'emmener le visiteur le long de cette quête de l'artiste, de sonder l'âme humaine à partir de la sienne, mise à rude épreuve par des malheurs successifs, et chemin faisant, d'approcher les composantes essentielles de l'existence humaine : la naissance, l'amour, la mort. Jusqu'au 8 mai 2006.
(illus. La Danse de la vie, 1899-1900)



Capc : une superbe exposition et un directeur sortant

Posté par Ophélie L. le 20.03.06 à 09:16 | tags : expos

Dormir, rêver… et autres nuits, quel beau sujet et quel beau titre d’exposition ! Ainsi nommée, l’exposition se déroule actuellement au cpacMusée d’art contemporain de Bordeaux jusqu’au 21 mai 2006. Plus d’une trentaine d’artistes (Sophie Calle, Pascal Convert, Nan Goldin, Claude Lévêque, Bill Viola, Andy Warhol…), explorent les visages du sommeil à travers le dormeur, le rêve (ses figures et ses lieux) ou l’insomnie. Une approche voulue poétique et subjective par les commissaires, François Poisay et Maurice Fréchuret, directeur des lieux et démissionnaire depuis quelques jours…
 Encore une fois, la ville de Bordeaux laisse filer une direction de qualité. On se rappelle l’épisode lié à l’exposition Présumés innocents : suite à l’incompréhension de la population, la mairie avait remercié la direction de l’époque. Cette fois-ci, la situation est différente. Le directeur s’est lassé du manque de moyens, écoeuré des interventions intempestives de la mairie dans la programmation (il y a peu, cette dernière souhaitait raccourcir la prochaine exposition pour bénéficier de la nef au profit de l’Escale du livre, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase). Lui, qui avait su redorer le blason de ce superbe lieu, depuis son arrivée en 2001, Maurice Fréchuret a préféré démissionner. Il reste à espérer que le musée gardera sa vitalité et évitera l’écueil d’une léthargie influencée par une mairie qui peine à soutenir l’une de ses plus belles institutions...
(illus. Francis Alÿs, Sleepers II, 1997-2002 (détail). Courtesy Lisson Gallery, Londres)



Mâkhi Xenakis, mémoire d'oubliées

Posté par Van le 17.03.06 à 12:32 | tags : expos, sculpture

Présentée en 2004 à Paris, dans la chapelle Saint-Louis de la Pitié Salpêtrière, "Les Folles d'enfer" sont exposées jusqu'à demain au centre d'art Passerelle à Brest, dans le cadre de la semaine de la Santé Mentale. Oeuvre de Mâkhi Xenakis, des centaines de sculptures ressuscitent ces femmes rejetées par la société, qui furent internées pendant deux siècles à la Pitié Salpêtrière, dans des conditions épouvantables. Parce qu'elles étaient folles ou criminelles, mais parfois simplement mendiantes, homosexuelles, épileptiques, juives ou aveugles, ces femmes étaient mises à l'écart, punies et abandonnées un peu trop facilement par une société qui n'acceptait pas la différence, et ce jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Fruit d'une recherche dans les archives de l'Assistance publique, l'artiste propose ainsi un hommage à ces femmes longtemps oubliées. Hommage d'autant plus poignant que ces pratiques, même si elles ne sont bien sûr plus systématiques depuis longtemps, n'ont pas totalement disparues, comme en témoigne notamment la quête photographique de Nan Goldin dont la soeur s'est suicidée après avoir été internée pour cause de simple crise d'adolescence. De l'art comme thérapie. Jusqu'au 18 mars à Brest.



Art Paris : quelques stands à ne pas manquer

Posté par Ophélie L. le 16.03.06 à 09:07 | tags : art paris, expos, foire, grand palais, international


Je ne sais pas si c’est le cadre hors pair, mais j’ai une bien meilleure impression de qualité par rapport aux années précédentes… Si la Fiac célèbre l’art contemporain, Art Paris (www) fait de l’art moderne sa spécificité, même si certaines galeries s’aventurent à montrer des artistes actuels. A voir les photographies de Georges Rousse, qui peint des zones en noir à l’intérieur de bâtiments afin d’obtenir des effets optiques saisissants. Plantez-vous devant et écoutez les spéculations, un régal. La Plastickcity (2006) de Samuel Rousseau (rappelez-vous, le géant de la Nuit Blanche 2004), composée de quelques bidons empilés et d’un projecteur fabriquent un bâtiment animé, l’effet est tout simplement extraordinaire. Le burlesque, le kitsch et le « néo pop » sont au rendez-vous sur le stand de la galerie La Reserve d’Area, où trônent les photos de travesti en geisha, à la fois acidulées et trashes. L’exposition monographique de François Morellet est particulièrement réussie (Galerie Lelia Mordoch), un passage obligé. La galerie Louis Carré & Cie a annoncé dans les grandes largeurs sa présentation monographique de Yann Arthus-Bertrand, photographe très en vogue actuellement. C’est un véritable succès, sur ce stand bondé, pratiquement toutes les photos sont déjà vendues, certaines ont déjà plusieurs des fameuses petites pastilles rouges. Si après avoir Hantaï, Christo, Arman, César, Niki de Saint-Phalle, Miro et nombres d’artistes célèbres et hors de prix, vous êtes en quête de quelques nouveautés, faites un crochet par la Galerie Berthet Aittouares. Sur le mur extérieur, la toile de Jean-Pierre Ruel, esseulée, mérite une attention toute particulière. C’est toujours un moment particulier la découverte d’un artiste, qu’on ne connaît pas et qu’on espère déjà revoir prochainement.
(illus. Yann Arthus-Bertrand, sans titre, 9 juillet 2003)



Inauguration d’Art Paris au Grand Palais : avant-première

Posté par Ophélie L. le 16.03.06 à 09:05 | tags : art paris, expos, foire, grand palais, international


Le Grand Palais offre vraiment un cadre exceptionnel à Art Paris (www), locataire des lieux jusqu'à lundi prochain. Les stands paraissent si petits sous cette sublime verrière. Les vestiaires sont restés vides. Les galeristes, frigorifiés, arborent malgré tout sourires et accueil de circonstance. Les stands sont prêts, la presse et les collectionneurs commencent à arpenter les allées. Oui, l’inauguration a eu lieu hier, dans une ambiance quelque peu glaciale. Au fil des heures, les gens, pourtant invités, s’amassent à l’extérieur. Peut-être ont-ils eu plus chaud dans ce bain de foule... Toujours est-il que la sortie, en début de soirée, fut difficile. La première foire d’art à se tenir au Grand Palais depuis sa réouverture a attiré bien plus de monde qu’à l’accoutumée. Simple curiosité ou pari réussi ? Art Paris ferait-elle partie de la cour des grands, à l’instar de sa grande rivale, la FIAC, qui se tiendra elle aussi au Grand Palais à l’automne ?
(illus. Georges Rousse, Soissons / Arsenal, 2005)



Le monde de l’art est-il sexiste ?

Posté par Ophélie L. le 15.03.06 à 09:15 | tags : beaubourg, photographie, web
Si de nombreuses femmes comptent aujourd’hui parmi les artistes les plus en vue, certaines expositions collectives n’en présentent peu ou pas (récemment Dionysiac à Beaubourg, pourtant orchestrée par une femme Christine Macel). Que penser de ces propos de Jean-Marc Bustamante (représentant de la France à la Biennale de Venise en 2003) relevés d’un entretien avec Christine Macel et Xavier Veilhan (publié dans la monographie Bustamante): « C’est-à-dire qu’elles (les femmes artistes) ont du mal à tenir la distance (…)», ou encore « Les hommes prennent des risques beaucoup plus grands, comme d’être détesté, d’être dans la polémique, d’être longtemps dans des champs difficiles. » Mes oreilles sifflent ! Pas vous ? Le nom de Louise Bourgeois arrive rapidement en contre-exemple. Mais, c’est une « femme phallique »… Les carrières d’Orlan, Annette Messager (Biennale de Venise 2005) ou Mona Hatoum (pour ne citer qu’elles) sont bien au-delà, à mon sens, que celle de Jean-marc Bustamante, pour prendre un exemple masculin. Cerise sur le gâteau, Christine Macel insiste: « En fait, vous confirmez mes pires soupçons, ça me déprime ! » Pas autant que moi ! Entendre des inepties pareilles de la part d’un des artistes français les plus installés et d’une conservatrice du Centre Pompidou, c’est dur, très dur.

(Source : Discussion entre nous. Jean-Marc Bustamante, Christine Macel, Xavier Veilhan, in Bustamante, La création contemporaine, Flammarion, 2005).



William Wegman, un artiste qui s'amuse

Posté par Van le 14.03.06 à 12:27 | tags : art plastique, international
Voilà un artiste qui se prend si peu au sérieux que peu de gens ont pris au sérieux son art. Quand on appelle son chien Man Ray, qu'on le prend pour muse et qu'on le photographie en train de contempler son effigie (illus.), cela dit, on court le risque de ne passer que pour un grand blagueur. "William Wegman : Funney/Strange", la rétrospective que le Brooklyn Museum, à New York, organise pour rendre hommage à l'artiste protéiforme contribuera sans doute à lui donner la place qu'il mérite dans l'histoire de l'art récente.
Photographie, peinture, collage, vidéo, Wegman sévit et investit tous les champs des arts visuels avec le même humour légèrement subversif et détourne les choses les plus simples et familières pour en faire ressortir l'étrangeté fondamentale. Et c'est ce qui le rend peut-être plus accessible que beaucoup d'artistes conceptuels. William Wegman a l'air de bien s'amuser, et c'est communicatif.
(illus. Man Ray contemplating the Bust of Man Ray, 1978)



Vidéoformes, Clermond-Ferrand aux couleurs de la vidéo et du multimédia

Posté par Ophélie L. le 14.03.06 à 09:08 | tags : art video, international, web
La 21e édition de Vidéoformes, manifestation internationale qui associe l’art vidéo et le multimédia, se tiendra à Clermond-Ferrand du 14 au 18 mars 2006. Au programme : des compétitions (prix de la création nouveaux médias et prix de la création vidéo) avec de nombreuses projections, des bonus et surtout une vidéothèque éphémère à la disposition du public ! Une organisation riche en événements. La nuit de samedi, nuit des arts électroniques au Pocoloco, sera festive et rythmée avec musiques électroniques, vidéos et performances. Les expositions d’artistes tels que Eder Santos, Tomoko Konoike ou Nicolas Clauss, éparpillées à travers la ville, continueront, elles, jusqu’au 2 avril. Une sélection web de qualité que certains connaissent peut-être déjà : le Curriculum Vitae de Fred Murie (France, 2005) ou le site Anonymes.net de Laurent Padiou, Benoît Blein et Sylvain Barra (France, 2005).
Nota Bene : en lien, sur le site vidéoformes, le site de la chaîne de la vidéo de création zzazzootivi.com, pour les curieux.





Frank Gehry, l'artiste architecte

Posté par Van le 13.03.06 à 11:38 | tags : architecture, frank gehry, international
L'architecture trouve, depuis quelques temps, sa place dans les musées, et c'est tant mieux. Surtout lorsqu'il s'agit d'y voir les récents travaux du célèbre créateur du Guggenheim de Bilbao ou, plus près de chez nous, du bâtiment parisien qui abrite à présent la Cinémathèque française. Frank Gehry donc, fait l'objet d'une exposition à la Art Gallery of Ontario, dont il vient de terminer la rénovation-extension. "Frank Gehry : Art + Architecture" rend hommage à l'enfant du pays, en présentant, outre le bâtiment même dans lequel il est exposé, quatre projets récents à Berlin, Chicago, Boston et Los Angeles. Ce natif de Toronto a semé son talent un peu partout dans le monde, mais n'a pas délaissé ses origines, et son travail sur la galerie de l'Ontario est comme un retour aux sources : "The Art Gallery of Ontario is where I first experienced art as a child (...), so this project means a great deal to me."
Jusqu'au 7 mai 2006.
(illus. Walt Disney Concert Hall, Los Angeles. (c) Gehry Partners, LLP)



Midnight Walkers : expo underground au Crédac

Posté par Ophélie L. le 13.03.06 à 09:12 | tags : expos, international, web
Voilà une exposition qui devrait plaire à ceux qui appréciaient le travail de Claire Le Restif à la Ferme du Buisson. Depuis son arrivée, le Crédac semble avoir trouvé un nouveau souffle. A la périphérie de Paris, ce centre d’art est souvent mésestimé. Sûrement la raison pour laquelle les deux commissaire de l’exposition, Claire Le Restif et Sabine Schaschl-Cooper (responsable du Kunsthaus Baselland de Muttenz), de Midnight Walkers ont choisi le thème de l’underground. Les travaux des artistes suisses et français (Sylvie Fleury, Florence Paradeis, Delphine Coindet, Mathieu Mercier, Saâdane Afif, Alain Séchas…) sont présentés en deux temps et dans les deux lieux (jusqu'au 9 avril au Crédac). Une initiative originale qui laisse entrevoir une politique de programmation ambitieuse et de qualité. A suivre sur De Visu...
(Vue de l’exposition «Midnight Walkers» au Credac (3 fév.-9 avr. 2006) : Alix Lambert et Olivier Mosset, Pierre Vadi, Florence Paradeis. Courtesy le Credac. Photo : André Morin / Le Credac)



Petit tour à Seattle

Posté par Van le 10.03.06 à 13:06 | tags : expos, international, peinture
Quand il s'agit d'art, on parle beaucoup de New York et la côte Est des Etats-Unis, éventuellement de Los Angeles et le Sud-Ouest, mais on passe rarement par le Nord-Ouest. A voir pourtant la Woodside/Braseth Gallery, on se dit que ça vaut le détour. Basée à Seattle, elle expose depuis le début des années 1960 les artistes contemporains majeurs de la région, dont Kenneth Callahan, Morris Graves, Mark Tobey et Guy Anderson, connus sous le nom de "Mystic Painters of the Northwest". Les toiles sont souvent imprégnées de l'atmosphère que l'on imagine à Seattle, le ciel, l'océan, des gris et des bleus. Des peintures "zen", à l'image aussi de celles du peintre américain d'origine japonaise, Paul Horiuchi (1906-1999), exposé à la galerie jusqu'au 18 mars. "I believe that the art of painting, and the painting itself, should convey a feeling of serene satisfaction and inner harmony", telle était donc sa conception de l'art. Et il parvient à la faire passer dans ses toiles.
(illus. Paul Horiuchi, Weathered by Nature)




Des blogueurs sur l’art à la Maison Rouge

Posté par Ophélie L. le 10.03.06 à 12:28 | tags : web

Le sémillant amateur, Lunettes rouges, a eu la bonne idée de réunir la communauté de blogueurs sur l’art : art contemporain ou moderne, le week-end dernier à Paris. 18 sur 30 blogueurs ont répondu présents à l'appel, parmi eux Louvre passion, nos amis de Parisist, Jean-David de la Paddythèque... Retour sur cette rencontre à la Maison Rouge, où nous avons été accueillis par Antoine de Galbert, le directeur des lieux qui s’est prêté au jeu : présentation de sa fondation et réponses à nos nombreuses questions. Petite cuisine interne, vous alliez dire. Je me trompe !? Cette après-midi-là contient bien plus : la naissance d’une communauté (nous l’espérons), mais aussi numéro zéro ou inauguration, comme vous voudrez, d’un projet de « café artistique ». Telle était l’arrière-pensée de Lunettes rouges en nous invitant. Le projet semble séduisant pour un bon nombre d’entre nous. De Visu bien sûr le soutient et je vous en reparlerai en tant voulu. Toujours est-il que la phrase que j’ai le plus entendu au cours de ces rencontres est : « Lunettes rouges a bien des lunettes rouges ! ». Les masques sont tombés, les pseudos, souvent de rigueur en ligne, aussi. Merci, donc, à Marc pour son invitation et cette belle initiative. Résumés de la rencontre avec Antoine de Galbert : ici et .

PS : à propos, Fluctuat.net Expos avait publié une semaine plus tôt un entretien avec les collectionneurs d'art vidéo Isabelle et Jean-Conrad Lemaître, qui exposent leur collection privée actuellement à la Maison Rouge. C'est quoi, être collectionneur ?




Eric Sadin, à la croisée des chemins

Posté par Ophélie L. le 09.03.06 à 09:08 | tags : web
Performance, demain à 19h au Carré des Jalles, d’Eric Sadin, primé en 2004 au Flash Festival pour le site Tokyo Reengineering. Eric Sadin présentera une conférence intitulée « Une entreprise poétique contemporaine confrontée à la société de l’information », tout un programme ! Suivront une performance Tokyo Reengineering et des images vidéo de Times of the Signs. Rédacteur en chef de la revue éc/art S, Eric Sadin navigue entre les arts, le langage et les nouvelles technologies. Cet événement est aussi l’occasion de vous présenter cet espace de Saint-Médard-en-Jalles ( près de Bordeaux), riche en manifestations multimédia.(illus. Eric Sadin, Tokyo Reengineering, Flash Festival 2004)



Whitney Biennial 2006 : Peace & Love

Posté par Van le 08.03.06 à 12:18 | tags : expos, international
La Whitney Biennial 2006 a ouvert ses portes la semaine dernière à New York, au Whitney Museum of American Art. Rares sont ceux, sans doute, qui vont pouvoir s'envoler outre-Atlantique sur un coup de tête pour aller voir ce que ça donne. Mais, comme souvent, les ressources en ligne sont si riches qu'il y a largement de quoi se faire une idée. Parmi la pléthore d'artistes et de travaux existants à travers le monde, les commissaires expliquent ainsi leur sélection : "The exhibition is not merely a selection of important works, but important works that reveal overwhelming evidence of certain artistic response to a broad range of aesthetic, social, political, and cultural phenomena". Un certain engagement à travers la pratique artistique donc. A l'occasion de cette manifestation, une "Tour de la Paix" a été réssuscitée, à partir du travail original du sculpteur Mark di Suvero en pleine guerre du Vietnam, et avec le concours de 200 artistes (illus.). Peace & Love en 2006 ?
(illus. Medecine Tree, Dean Fleming ; Jerry Berta ; Peace 2006, Carol Barsha)




Société de l'information : Bruno Serralongue au CPIF

Posté par Ophélie L. le 08.03.06 à 09:05 | tags : expos, photographie
Bruno Serralongue est un photographe des marges. Il se déplace lors de grands événements, par exemple au Sommet Mondial sur la Société de l’information (illus.), à la manière d'un photographe reporter, à la différence près que Bruno Serralongue ne s’intéresse pas au même angle. Sans commanditaire, il préfère s’attarder dans les coulisses, les à-côtés, pour enregistrer des images différentes, décalées. Une telle démarche ne pouvait trouver que le marché privé de la photo et les lieux d’art contemporain comme terrain d'accueil. Bruno Serralongue y traîne ses basques depuis quelques années déjà. Jusqu’au 12 mai 2006, le CPIF (Centre photographique d’Ile-de-France) présente des travaux du photographe de 1994 à 2005. Ca commence demain. Une virée Seine-et-Marnaise à prévoir dans votre agenda, avant ou après, c’est selon, la chronique dans Flu, le mag la semaine prochaine.
(illus. Un peu avant la cérémonie d’ouverture de la phase 2 du Sommet Mondial sur la Société de l’Information, salle des Plénières, Kram Palexpo, Tunis 16.11.2005. Courtesy Galerie Air de Paris)




Hans Hartung : rétrospective à Angers

Posté par Ophélie L. le 07.03.06 à 09:05 | tags : expos, peinture
Le musée des Beaux-Arts d’Angers consacre une rétrospective conséquente à Hans Hartung : 190 œuvres de l’artiste réalisées entre 1920 et 1989 (année de sa disparition), jusqu'au 28 mai 2006. La couleur, l’expression et l’équilibre, les trois thèmes de l’exposition s’articulent dans un parcours qui retrace les différentes périodes de création de l’artiste. Peintre français d’origine allemande, Hans Hartung est considéré comme le chef de file de l’Abstraction lyrique. Dans un geste spontané, la touche est fluide, la matière grattée, travaillée à l’aide de matériaux divers pour créer des stries, des arabesques. Rythmée, la peinture d’Hans Hartung, par le geste ou les taches, évoque le temps. Valeur ajoutée de l’exposition : 27 aquarelles de l’artiste, rarement présentées à cause de leur fragilité.
(illus. Hans Hartung, T1971-R24, acrylique sur toile, 1973)





Bordeaux et Caen s’entichent des Splendeurs de Venise

Posté par Ophélie L. le 06.03.06 à 09:05 | tags : expos, peinture
Si l’exposition Le Siècle de Titien, présentée au Grand Palais en 1993, n’est plus qu’un vieux souvenir ou qu’elle ne vous évoque rien, ou tout simplement si le XVIe siècle vénitien est votre dada, deux nouvelles expositions sauront satisfaire votre grande curiosité. En effet, les musées des Beaux-Arts de Bordeaux et de Caen se sont associés pour réunir des peintures et des dessins de l’Ecole vénitienne du XVIe siècle, sélectionnés dans les collections publiques françaises. Peintures d’histoire, allégories, portraits, scènes de genre, tableaux d’autel ou œuvres graphiques d’œuvres disparues et de grands décors, témoignent d’un véritable âge d’or, sous couvert de maîtres tels que Titien, Tintoret, Bassano, Véronèse ou encore Lotto, Schiavone, Da Trévise et Cariani. Garant de la qualité de ces manifestations, Michel Laclotte, ancien directeur du musée du Louvre et spécialiste de la période, n’est pas étranger à ce projet. Splendeurs de Venise, 1500 – 1600, à bordeaux jusqu’au 19 mars puis à Caen du 30 mars au 4 juillet 2006.
(illus. Le Titien, La Vierge au lapin, 1525 – 1530, ©1999 - photo Erich Lessing)




Cauchemars gothiques

Posté par Van le 03.03.06 à 11:36 | tags : expos, peinture
C'est très précisément en 1782 que les Britanniques auraient découvert le sexe. Comment ? En se confrontant, avec un mélange de confusion, d'amusement et d'excitation, à la toile de Henry Fuseli, The Nightmare (illus.). Cette oeuvre et plus de 120 autres sont exposées en ce moment à la Tate Britain de Londres, rassemblées pour l'exposition "Gothic Nightmares. Fuseli, Blake and the Romantic Imagination". Celle-ci aborde une période précise de l'histoire britannique, autour des années 1770 à 1830, quand le goût pour le fantastique et le supernaturel - en d'autres termes, le gothique - dominaient la culture et l'art d'Angleterre. Les deux grands représentants picturaux de ce courant sont Henry Fuseli (1741-1825) et Willam Blake (1757-1857). Ils ont tous deux secoué la bonne société anglaise en leur temps, et continuent de ne laisser indifférent, tant les réactions rapportées par la presse britannique sont vives et montrent encore ce mélange de malaise et de fascination devant ces toiles sombrement érotiques. Jusqu'au 1er mai 2006.



Portail, un film de Nicolas Boone

Posté par Ophélie L. le 02.03.06 à 19:03
De prime abord, Portail a l’allure d’un film fait entre potes : alternance d’images filmées en caméra DV et super 8, costumes et accessoires très peu soignés. Le brin d’histoire montre des « morts-vivants » en imperméables beiges qui sortent de cercueils en carton. Tout ça est peu crédible me direz-vous. Il s’agit pourtant du 8e film du réalisateur Nicolas Boone. Ce film a malgré tout attiré mon attention sur quelques points. Tout d’abord, le DVD a la particularité de lancer la lecture aléatoire des scènes. Le film se construit indépendamment et échappe ainsi au réalisateur, tout comme au spectateur d’ailleurs. Il est autonome, incontrôlable, une sorte d’électron libre. Un autre élément me paraît déterminant : Nicolas Boone filme un film en train de se faire. La caméra super 8, un réalisateur qui donne des indications, un micro qui traîne, des rails de caméra, les éléments de construction du film sont visibles. Fait rare dans le cinéma, justement bien trop occupé à effacer toute trace de fabrication, une optique classique de la création. Le film de Boone, pour qui "le cinéma est mort", laisse apparaître la touche, le geste. Une curiosité.



Peintures érotiques de Chine

Posté par Ophélie L. le 02.03.06 à 11:01 | tags : expos, peinture, web
Flu inaugure le petit dernier de ses blogs thématiques, Sexe, Love'n Gaudriole. De Visu lui souhaite la bienvenue avec un post de circonstances sur la peinture érotique chinoise. Connue sous le nom de « peintures du palais de printemps », elle est longtemps restée dans l’ombre des estampes japonaises. Événement inédit, le musée Cernuschi présente, jusqu’au 7 mai, une centaine d’images, datées entre le XVIe et le XXe siècles, sélectionnées dans la collection de Ferdinand Bertholet. L’exposition s’inscrit dans une approche sociologique et historique des mœurs. Minutie du détail, métaphore de l’acte sexuel, laissez-vous surprendre et saisir par les dessins, les couleurs, ou tout simplement par l’esthétique raffinée, fantaisiste et coquine de ces peintures ancrées dans une atmosphère littéraire de la Chine des grandes dynasties.
(illus. Anonyme, fin XVIIe-XVIIIe. Encre couleur et soie. Crédits photo : Mairie de Paris)





Art et jeu vidéo

Posté par Van le 01.03.06 à 12:38
"Quelle place l'art prend-il dans les jeux vidéo ? Et quelle place les jeux vidéo prennent-ils dans l'art ? Comment des artistes contemporains utilisent-ils le jeu vidéo comme nouveau support d'expression ?" Ce sont ces quelques questions qui réuniront artistes, universitaires, commissaires d'exposition, game designers... autour d'une table ronde organisée par l'Observatoire des mondes numériques en sciences humaines (OMNSH). Comme souvent quand des frontières se brouillent, quand les repères changent, on réfléchit, on théorise ce qui arrive dans la pratique. Des artistes conçoivent des jeux vidéo, les jeux vidéo inspirent des artistes, et l'outil informatique entre de plus en plus souvent dans des processus de création. Le jeu vidéo est-il un Art ? A voir les travaux de certains des intervenants, on serait tenté de répondre par l'affirmative. Le 7 mars 2006 à la Cité des Sciences. Voilà qui devrait d'aileurs intéresser nos amis de Chamboultout.
(illus. Gameplay, spectacle chorégraphique. Collaboration entre l'artiste plasticien-programmeur Antoine Schmitt et les chorégraphes Jean-Marc Matos et Anne Holst)




Juergen Teller à la Fondation Cartier

Posté par Ophélie L. le 01.03.06 à 10:48 | tags : expos, fondation cartier, photographie
Connu pour ses photographies de mode décalées (pour preuve ce lien), trashes, bouleversant les canons de beauté établis en insistant sur les bleus, cicatrices et autres imperfections que dévoile le corps, l’Allemand Juergen Teller développe aussi un travail personnel. Installé depuis 1986 à Londres, il revient régulièrement dans la région de Nuremberg, où il a grandi et conserve des liens familiaux. Il réalise la série "Nürnberg", mélange de clichés personnels sur le douloureux passé allemand dans cette ville et sur sa propre intimité. Cette série est le centre névralgique de l’exposition que lui consacre la Fondation Cartier du 4 mars au 21 mai 2006, Do you know what I mean. Portraits de stars décalés (Selfportrait with Charlotte Rampling, 2004), portraits familiaux bienveillants ou déjantés (illus.), Teller navigue entre les univers public et privé, luxueux et kitsch, fashion et intime, entre le burlesque et le regard personnel incisif. Un travail hybride, surprenant et atypique à découvrir absolument !
(illus. Juergen Teller, Mother and crocodile, Bubenreuth, Germany, 2002. Courtesy of Lehmann Maupin and the artist)





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