Archives > Février 2006Un point c’est tout !Exposition collective qui interroge la notion de point de vue à travers les oeuvres de 6 artistes (trois femmes et trois hommes). Statut des images et leur utilisation, deux points fondamentaux abordés à travers les photographies, peintures et vidéos de Judith Baudinet, Bernard Caillaud, Philippe Ramette, Sophie Ristelhueber, Esther Ségal et Patrick Tosani, réunies par le commissaire Eric Joly. L’occasion de revoir les formidables travaux de Philippe Ramette et Sophie Ristelhueber, deux artistes que j’apprécie particulièrement et dont je ne manquerai pas de vous reparler prochainement. Pour l’instant (et jusqu'au 27 mai), c’est à Blanc-Mesnil au Forum.
(illus. © Esther Ségal) L’image pour convaincreLes 1res Rencontres photographiques de Créteil ont commencé ce week-end. Sur le thème « Photographes engagés », de nombreuses manifestations (expositions, débats, ateliers, conférences, une foire et des parcours express) sont organisées dans toute la ville. La prison pour mineure aux quatre coins du monde (Jérômine Derigny), des portraits de marginaux et oubliés de New York (Jeff Cowen), Sarajevo (Milomir Krovacevic), SDF (Olivier Pasquiers), l’Europe (collectif Tendance Floue), etc. Des clichés de société, politique, vie de quartier, déclinent des instants quotidiens ou extraordinaires. Chaque démarche révèle une cause. Notons la projection du formidable film de Raymond Depardon 10ème chambre Instants d’audiences, lors d’une soirée débat le 4 mars. Plongez au cœur de la vie d’un quartier de la ville de Torcy (Marco Murgia) ou d’habitants du Sri Lanka (Bruno Requentel). De beaux combats, à soutenir !(illus. Jérômine Derigny, Privés d’enfance, Russie, Pskov. Centre de détention provisoire pour mineurs. Ecran de surveillance de la cellule de transit. © Jérômine Derigny)
Londres, Paris et les Américains"Paris was the centre of the art world in the 19th century, and a magnet for American art students and artists, eager to experience the cosmopolitan delights of the city and to steep themselves in its artistic atmosphere".
La National Gallery de Londres s'intéresse à ce phénomène important à la fin du XIXe siècle, se demandant pourquoi tant d'Américains étaient attirés par Paris, qu'y ont-ils produit, et comment ça a changé leur art. L'exposition "Americans in Paris 1860-1900", jusqu'au 21 mai 2006, sera accompagnée d'une série de lectures, colloques ("Why Americans go to Paris", "The lure of Paris : American artists in France"...), et projections de films, de A bout de souffle (Godard) à Casablanca (Michael Curtiz) en passant par Bob le flambeur (Jean-Pierre Melville) ou Tirez sur le pianiste (Truffaut). La France (d'une autre époque) à l'honneur en Angleterre grâce aux Américains... Oui, une autre époque, décidément. (illus. John Singer Sargent, Madame X (Madame Pierre Gautreau), 1883-84 ; (c) The Metropolitan Museum of Art, New York. Arthur Hoppock Hearn Fund, 1916) Meilleure expo 2005... à BergameCe n'est ni à Londres, ni à Paris, à New York ou à Madrid, mais à Bergame, en Italie, que l'on trouve la meilleure exposition 2005, selon l'édition italienne du Giornale dell'Arte. "War is over", présentée à la Galerie d'Art Moderne et Contemporain (GAMeC) de cette ville du nord de l'Italie jusqu'au 26 février, sous-titrée "La liberté de l'art de Picasso à Warhol", pour le 60e anniversaire de la Libération, célèbre la liberté conquise en Europe avec la fin de la Seconde Guerre Mondiale, en rassemblant 100 oeuvres d'artistes modernes et contemporains. Ce n'était pas un pari facile dans cette ville dont les habitants se disent eux-mêmes peu ouverts d'esprit, mais, après l'incompréhension du début devant des oeuvres que l'on a plus l'habitude de trouver dans des galeries new-yorkaises, l'expo a drainé, depuis son ouverture en octobre, plus de 37 000 visiteurs. L'art contemporain a trouvé un nouveau terrain - inattendu - pour prospérer.
(illus. Lucio Fontana, Il Golgotha, 1954-1955) Viper Festival : avant-première au centre culturel suisse![]() (illus. Thomas Köner, Banlieue du Vide, 35 mm film, installation vidéo, 2003. Film présenté au Viper Festival en novembre 2004 à la Kunsthalle de Bâle) Roger Ballen dans la chambre d'ombres![]() (illus. Tommy Sampson and a mask, 2000 ; Twirling wires, 2001) Ingres 1780-1867La grande rétrospective Ingres au musée du Louvre s’ouvre cette semaine, le 24 février. 79 peintures et 101 dessins, une sélection quasi exhaustive de ses œuvres les plus importantes. Le Louvre en compte déjà bon nombre mais il a fait appel à quelques musées et collectionneurs privés, en France et à l’étranger, pour réunir les chefs-d’œuvre de l’artiste. Ingres mène une carrière étonnante, 70 ans d’activité ! Précurseur de la modernité, il est un peintre en mal de reconnaissance. Il l'obtiendra à la fin de sa carrière, de retour d’Italie. Génie de la déformation et de la sensualité, sa Grande Odalisque à la courbe si sinueuse et sensuelle, compte bien trop de vertèbres. D’apparence classique et convenue, surtout en comparaison de son rival Eugène Delacroix, la peinture d’Ingres révèle en réalité les prémices de la peinture moderne. Picasso ne s’y trompe pas et considère Ingres, encore mésestimé, comme un maître incontesté et une référence majeure aux côtés de Velásquez. La grandeur d’Ingres à goûter, au Louvre, dès vendredi. (illus. Jean-Auguste-Dominique INGRES (1780 - 1867), La Grande Odalisque, 1814, © Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard) MAJ 02.03.06 : lire la chronique de l'expo Ingres au Louvre sur Flu, le mag. Architecture espagnole à New York L'Espagne a décidément le vent en poupe. Dans bien des domaines artistiques, c'est chez nos voisins du sud que ça se passe. Le MoMA consacre une exposition à la nouvelle architecture espagnole, qui présente 35 projets phares, déjà construits ou en cours d'élaboration. "The exhibition documents the most recent architectural developments in a country that has become known in recent years as an international center for design innovation and excellence". Et quand c'est le Musée d'Art Moderne de New York qui le dit...(illus. Mansilla+Tuñon, Arquitectos, Musée de Cantabria, Santander, vue extérieure. Prévu pour 2009. (c) Mansilla+Tuñon, Arquitectos) Sabhan Adam![]() « Appel à témoin »Posté par Ophélie L. le 17.02.06 à 10:17
La box - galerie de l’École nationale supérieure d’art de Bourges recherche des témoignages « de toute personne susceptible d’avoir vu – ou entendu – une œuvre d’art. » Le casting est large. Règles du jeu : laisser un message sur le répondeur prévu à cet effet et raconter une œuvre sans mentionner ni le titre ni le nom de l’artiste. « Il s’agit de se remémorer une œuvre vue ou entendue avec tout ce que cela comporte : omissions, raccourcis, position du regardeur, interprétation… Puis d’enregistrer le récit de cette expérience sur le répondeur téléphonique, encouragé par l’anonymat, l’impersonnalité du dispositif et l’absence de contrôle… » Laissez votre message au 02 48 66 42 03.Les messages seront archivés jusqu’en juillet 2006, puis édités ou diffusés sur CD ou tout autre support encore à définir. Picasso et Dora Maar![]() A voir jusqu'au 22 mai 2006. (illus. Dora Maar assise, 1938 ; (c) Succession Picasso) Cézanne 2006![]() « Un tableau ne représente rien, (il) ne doit représenter d'abord que des couleurs. » (Paul Cézanne) Willy Ronis : prolongation Pour ceux qui seraient passés à côté de l'exposition (gratuite) consacrée photographies de Willy Ronis, à l'Hôtel de Ville de Paris, ils ont encore quelques mois pour se rattraper. Elle est en effet prolongée jusqu'au 27 mai 2006, pour cause de très grand succès. Photographe parisien par excellence, Ronis a immortalisé des époques, des quartiers, des passants, des moments anodins ou historiques. Il est un grand témoin - souvent militant - du XXe siècle, qu'il a vu s'écouler presque entièrement. L'exposition, découpée en cinq époques, présente un bel échantillon d'un travail photographique considérable, et a dû commencer par un choix difficile : il a fallu sélectionner quelques dizaines de clichés parmi 90 000 négatifs. Paris y est donc le personnage principal, mais pas unique, et les quelques photos non parisiennes prouvent, si besoin était, que la capitale n'est pas la seule source d'inspiration de l'artiste. (illus. Le nu provençal, Gordes, 1949 ; (c) Willy Ronis, Agence Rapho) La Collection Lambert expose ses chefs-d’oeuvrePosté par Ophélie L. le 14.02.06 à 21:04 | tags : expos
La Collection Lambert en Avignon a fêté ses 5 ans. Le musée présente actuellement ses chefs-d’œuvre : Jean-Michel Basquiat, Andy Warhol (avec une de ses séries les plus poignantes, celle des chaises électriques), Christian Boltanski, Louise Bourgeois, Louise Lawler, Sol Lewitt, Bruce Nauman…L’exposition est prolongée jusqu’au mois de mars. Cet été, le directeur de la Collection Lambert en Avignon a choisi de porter un nouveau regard croisé sur la création actuelle et celle des années 60-70. Un lieu à découvrir, très agréable aux beaux jours et doté d’une programmation de grande qualité. (illus. Barbara Kruger, Talk to me, 2000, sérigraphie sur papier affiche, 445 x 762 cm, commande pour l’hôtel de Caumont) Art Paris au Grand PalaisPosté par Ophélie L. le 14.02.06 à 10:32 | tags : art paris, expos, foire, grand palais, international
Le Grand Palais devient à nouveau le lieu d’accueil des foires artistiques parisiennes puisque la Fiac s’y installera cet automne et investira également la Cour Carrée du Louvre avec une partie des exposants. Rendez-vous à l’origine automnal et au Carrousel du Louvre jusqu’en 2005, Art Paris (www), pour sa huitième édition, ouvrira le bal, du 16 au 20 mars 2006. 108 galeries (dont 30 % de galeries étrangères), réunies dans les espaces du Grand Palais rénové, présenteront des œuvres en majorité picturales, des années 1910 à nos jours. Le tout agrémenté de one man shows (Yann Arthus-Bertrand, Robert Couturier, Alberto Burri…) et d’un parcours « Sculpture ». Salon ou foire, plus intimiste que la Fiac, Art Paris vise la cour des grands et souhaite jouer un rôle majeur sur la scène européenne. A suivre, prochainement sur De Visu.(illus. Niki de Saint-Phalle, Nana dansante, 1966, papier mâché, H.: 123 cm.) Foire d'art contemporain, en espanõl Aujourd'hui se clôt la 25e Foire d'art contemporain à Madrid (ARCO). L'occasion de voir, de chez soi, ce qu'il s'y est passé : une fois encore, les ressources en ligne abondent, pour notre plus grand plaisir. Un slide show sur le site du Herald Tribune - décidément spécialiste du genre - plus intéressant que réellement beau, et qui illustre assez bien l'article qu'il accompagne : l'auteur a l'air de s'étonner des bizarreries rencontrées sur place, ce qui est assez rafraîchissant. Il souligne par ailleurs à quel point l'Espagne a rattrappé son retard en la matière, dû en partie à 40 années de dictature et à une forte tradition de conservatisme. 291 galeries venues de 35 pays différents étaient présentes, dont 30% d'espagnoles. L'art contemporain est devenu, de l'autre côté des Pyrénées, le symbole de la modernité, du renouveau espagnol. La preuve en images sur le site de la Feria, cette fois, qui montre toutes les galeries présentes à Madrid durant ces quelques jours, sans exception. Rico !(illus. We BMW, Joon Kim, Seoul's Art Gallery) L’Ecole de New York à NiceRendez-vous sur Arte La présentation de la grille des programmes, notamment de France Télévisions, annonçait une année très pauvre en diffusion de documentaires sur l’art. Heureusement, Arte existe ! Quelques rendez-vous à ne pas manquer dans les jours qui viennent :- En écho à l'exposition Pierre Bonnard au Musée d’art moderne de la Ville de Paris, Bonnard, un documentaire inédit et personnel d’Alain Cavalier, samedi 11 à 20h15. Ce programme est accompagné de la rediffusion du Palettes Bonnard, L’atelier au mimosa, le samedi 18 février à 20h15. A voir et à revoir… - Le mardi 14 février à 0h30, Arte diffuse le documentaire Exhibition. L’eau de Jean-Loic Portron. La thématique de l’eau dans l’art contemporain à travers les travaux de Thierry Kuntzel, Marcel Broodthaers, Patrick Bokanowski, Michèle Sylvander, Marcel Dinahet ou Tsai Ming Liang. A vos postes TV ou vos magnétoscopes, en attendant la mise en place de la VOD (prévue fin février 2006). Merci Arte ! (illus. Annette Messager, Casino, Pavillon Français de la Biennale de Venise, 2005) Coupland ArtistePosté par Life on Mars le 08.02.06 à 15:24
Non content de sortir d'étrange bouquins (cf chronique Hey Nostradamus !) sur le mag Douglas Coupland oeuvre aussi dans l'univers des arts plastiques (voir du "pop art"), il expose régulièrement ses travaux (sculptures, installations) dans les plus grands musées d'art contemporain. Hormis ses œuvres de fiction, il a également publié de nombreux livres d'art illustrés (dont Schoolspirit - aux éditions Disvoir- en collaboration avec l'artiste français Pierre Huyghe). Il est aussi auteur de "Polaroids from the Dead" (1996), un recueil de nouvelles et de photographies de l'actualité sociale ou politique des années 90, prenant pour prétexte la tournée du groupe psychédélique des Grateful Dead. Il est aussi photographe, dessinateur, peintre et ses œuvres – qui reflètent pour une bonne part son univers littéraire (nostalgie, tendresse, ironie et humour) - sont exposés dans le monde entier. On peut avoir un bon aperçu de ses travaux sur son site internet (illustration : Generation X, Papier et branches de magnolia, 2004). Walker Evans, pionnier de la photographie documentaire Le photographe américain Walker Evans (1903 – 1975) est l’une des figures majeures de la photographie documentaire américaine. Ses photos, si célèbres, sont devenues des icônes modernes et son travail a influencé chaque génération de photographes. Walker Evans va notamment photographier la Grande dépression. De 1935 à 1938, il participe au programme de la Farm Security Administration. Le cadrage est millimétré, les personnes photographiées fixent l'objectif, le défient dans un sursaut d'orgueil. Les regards, entre dignité et abattement, laissent transparaître misère et condition humaine. Portraits frontaux, le sujet regardant l’objectif, scènes de rue et paysages urbains, les photographies de Walker Evans témoignent de l’Amérique des années 1930. "Je ne cherchais rien, les choses me cherchaient, je le sentais ainsi, elles m’appelaient vraiment." L’appareil photo autour du cou, le déclencheur dans la manche, Walker Evans saisit, entre 1938 et 1941, des portraits d’anonymes dans le métro ou dans la rue, à leur insu (The Passengers). Aujourd’hui, les techniques ayant évolué, Beat Streuli travaille, lui, au téléobjectif. A l’heure du débat sur le droit à l’image, les travaux d’Evans prennent une signification d’autant plus particulière. Par la suite, il a collaboré à Time puis à Fortune, jusqu’en 1965. Walker Evans est l’un des photographes qui ont contribué à l’entrée de la photographie dans les musées à partir des années 1970.(illus. Walker Evans, Subway Portrait, New York, 1938 - 1941) Arman : No commentDerniers jours (jusqu’au 24 février 2006) de l’exposition Arman : no comment à la Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois du sculpteur franco-américain, décédé le 22 octobre dernier à New York, à l’âge de 76 ans. La galerie Vallois a, dès son ouverture en 1990, proposé un éventail d’œuvres du Nouveau Réalisme, mouvement fondé par le critique d’art Pierre Restany, le jeudi 27 octobre 1960, avec Arman, François Dufrêne, Raymond Hains, Yves Klein, Jean Tinguely et Jacques Villeglé. Les Accumulations, les Combustions, les Coupes, son exposition du « Plein » à la Galerie Iris Clert en 1960, sorte de poubelle à l’échelle de la galerie (qui a eu pour réponse l’exposition du « Vide » d’Yves Klein), ont marqué les esprits. Un bel hommage à cet artiste qui signait par son prénom pour imiter Vincent Van Gogh, dont il était un fervent admirateur. (illus. Vue de l’exposition Arman : No comment, Courtesy Galerie GP & N Vallois, Paris) Sam Samore, beauté et humour noir
Sam Samore, qui a photographié la beauté, fabriqué des images iconiques - notamment à travers sa série Allegories of Beauty (illus.), a aussi mis en scène le drame existentiel, dans la représentation d'un personnage qui entreprend de se suicider de différentes manières. Il tourne ainsi en dérision un sujet artistiquement difficile, et souligne le piège, la désillusion qui découle de ce que certains voient comme l'acte le plus personnel et le plus abouti de l'être. The Suicidists, de Sam Samore, c'est à la galerie Anne de Villepoix (Paris), jusqu'au 24 février 2006.
(illus. Allegories of Beauty (Egyptienne) # 61, 1990) Flashback, les années 1980 revisitées Que ce soit dans le domaine de la mode, de la musique ou des arts plastiques, les années 1980 connaissent un véritable revival : découverte (pour les plus jeunes) ou nostalgie (pour les moins jeunes). A l’image de cet engouement, le Kunstmuseum de Bâle, en association avec la Fondation Emmanuel Hoffmann, présente jusqu’au 12 février 2006 une exposition intitulée "Flashback, Revisiting the Art of the 80s". Une décennie artistiquement foisonnante, des contextes géopolitiques et sociaux chargés (Tchernobyl, le trou de la couche d’ozone, la guerre froide, le sida…) et le début de la consommation culturelle de masse. L’exposition, loin d’être exhaustive (pari impossible), réunit quelques grandes figures qui ont marqué l’art des années 1980, comme Jenny Holzer, Mike Kelley, Martin Kippenberger, Jeff Koons, Louise Lawler, Robert Mapplethorpe, Allan McCollum, Thomas Ruff, Cindy Sherman ou Krzysztof Wodiczko. Un panel remarquable, choisi parmi les têtes d’affiche du marché de l’art international, que s’offre le musée pour sa réouverture et ses 25 ans d’existence. La Seine dans l'objectif![]() La Seine et ses berges depuis l'invention de la photographie. C'est "La Seine des photographes", à la Conciergerie (Paris), jusqu'au 8 mai 2006.
Bon week end ! (illus. photo de l'exposition, Henri Cartier-Bresson) Opération mains propres sur le marché de l'art Trafiquants d'art, fouilles clandestines, pilleurs de tombes. Tout cela a toujours existé, nos musées sont bien fournis en partie du fait de ce genre de pratiques, mais elles passent désormais moins inaperçues. De nos jours, cela peut faire désordre de trouver dans les collections d'un musée national des objets d'art volés, surtout s'ils proviennent de pays occidentaux. Une ancienne conservatrice du Musée Getty de Los Angeles, comparaît en ce moment à Rome pour répondre d' "association de malfaiteur" et de "recel d'oeuvres archéologiques". Le Musée Getty, parmi d'autres institutions comme le Metropolitan Museum de New York, est en effet accusé par l'Italie de détenir dans ses collections des oeuvres qui proviendraient de fouilles clandestines. Les Etats-Unis, qui ont une courte histoire et une forte demande muséale, ont acheté énormément d'objets d'art d'origine douteuse jusque dans les années 1990, quand l'Italie, principalement concernée par les pillages, a commencé à s'attaquer au problème. Elle lutte à présent pour préserver son patrimoine, comme aucun des pays pillés à d'autres époques par les Européens n'a jamais pu le faire. Alors que la Villa Getty vient de rouvrir ses portes, certaines de ses pièces majeures (illus.) sont donc au coeur de procédures judiciaires qui pourraient bien les faire disparaître des salles d'exposition. (illus. Aphrodite, Musée Getty, qui la désigne ainsi : Déesse, probablement Aphrodite. Grecque, élaborée dans le sud de l'Italie, 425/400 av. J.-C., alors que son origine est parfaitement connue) La rétrospective Dan Flavin fera une escale à ParisActuellement présentée à la Hayward Gallery à Londres (et ce jusqu’en avril), la rétrospective de Dan Flavin (1933-1996), organisée avec la Dia Art Foundation de New York et la National Gallery of Art de Washington, fera une escale, de juin à octobre, au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris. Lequel a rouvert ses portes hier après plus de deux ans de travaux. Dan Flavin succèdera à Pierre Bonnard. Preview avec le mini-site de l’exposition, dont on déplore tout de même le manque de contenu. Le plus : la possibilité de télécharger des fichiers son sur votre… ipod nano, pour visiter en ligne ou sur place l’expo en musique. Décidément, une pratique appelée à devenir courante. (illus. Dan Flavin, Untitled, 1973. Dia Art Fondation. (c) Stephen Flavin, Artists Rights Society) Superstars : la célébrité en question![]() Les artistes stars, les stars comme matériau de l'art. "Superstars. The celebrity factor. From Warhol to Madonna". Une exposition qui interroge le phénomène de la célébrité dans une société de l'image. Au Kunsthalle Wien (Autriche), jusqu'au 22 février. (illus. Cindy Serman, Untitled Film Still #6, (c) Cindy Sherman) One Minute Sculptures : Erwin Wurm à SydneyConvive du Sydney Festival 2006, l’artiste autrichien Erwin Wurm expose, jusqu’au 12 février au Museum of Contemporary Art, ses One Minute Sculptures. Si Erwin Wurm utilise la vidéo depuis 1990, c’est à partir de 1997 qu’il entreprend ce processus associant une personne et un objet d’usage courant, dans une position déterminée et limitée dans le temps. La sculpture continue d’exister par la suite à travers les photos ou les vidéos. Les pieds joints et la tête dans un sac, la tête contre un mur ou encore allongées sur des oranges, les personnes photographiées vivent des situations incongrues et absurdes, toujours marquées par un franc sens de l’humour et une ironie grinçante. L’éphémère et l’immatérialité, contre-pieds manifestes à la sculpture, sont des préoccupations majeures de l’artiste, qu’il considère de notre époque. Des interrogations, assurément liées à la condition humaine. (illus. Erwin Wurm, One Minute Sculpture, 1997. © The artist and Art:Concept, Paris) Pierre Bonnard et la lumière au Musée d'Art Moderne Le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, qui a rouvert ses portes après deux ans de travaux, accueille l'exposition Pierre Bonnard (1867-1947), 22 ans après la rétrospective du Centre Pompidou. Avec 90 oeuvres, c'est la plus importante présentation, organisée en France, de cet artiste à la réputation mitigée. L'intention est de "présenter Bonnard, un des peintres majeurs du XXe siècle, comme figure marquante d'une modernité "autre"". "Un pot-pourri d'indécision", comme le qualifiait Picasso, un "postimpresionniste égaré au XXe siècle", le peintre français n'a jamais fait l'unanimité. L'exposition a visiblement pour ambition d'y remédier en renouvelant le regard porté sur une oeuvre plus complexe qu'il n'y paraissait. Ce qui semble d'autant plus possible que de nombreuses toiles ont été prêtées par des musées étrangers, et sont donc peu connues du public français. Globalement chronologique, l'accrochage souligne l'importance d'un thème peut-être central dans cette oeuvre, la lumière. "Pierre Bonnard. L'oeuvre d'art, un arrêt du temps" : l'occasion d'être agréablement surpris par un artiste sans doute mal jugé. Jusqu'au 7 mai 2006.(illus. Après la toilette du matin, Metropolitan Museum of Art, New York) MAJ (10.02.06) : Lire la chronique de l'expo Pierre Bonnard sur Flu, le mag. Good bye Nam June Paik!Nam June Paik, figure historique de l’art vidéo, est décédé dimanche 29 janvier, chez lui à Miami, à l’âge de 73 ans. Bidouilleur cathodique génial et poète cocasse, Paik a, tout au long de sa carrière, exploré les domaines de la musique et de l’image. Né en 1932 en Corée, il fait des études d’histoire de l’art et de musicologie à Tokyo, où sa famille a fui la guerre. En 1956, il poursuit ses études à Munich et rencontre Stockhausen. Ami de John Cage, il expérimente tout d’abord l’électro-acoustique aux côtés des membres du groupe néo-dada Fluxus. C’est en 1963, alors qu’il dispose de la galerie Parnass de Wuppertal durant une dizaine de jours, qu’il invente ce qu’on appellera l’art vidéo. Dans cette Exposition de musique et de télévision électronique, son œuvre 13 distorted TV sets fera date. Paik expérimente et transgresse sans jamais perdre son élan ravageur tour à tour ironique ou provocateur. On retiendra son télé-soutien-gorge (TV Bra) porté par son amie Charlotte Moorman, celle-là même qui se trémoussait avec son violoncelle sur un lit de moniteurs à la Documenta 6 de Cassel en 1977 (TV bed, 1972). Tout comme il houspillait la musique, Paik triture et déforme les images. À partir des années 1970, il réalise des sculptures (Famille de Robots, 1986) et des installations : TV Buddha (1974), Fish Flies on Sky (1975), dont certaines monumentales comme Cargo Cult - pièce présentée à l’exposition Magiciens de la Terre au Centre Pompidou en 1989 - ou Tadaikson (The more The better), installation de 1003 moniteurs réalisée à l’occasion des Jeux Olympiques de Séoul en 1988. Malgré tout, une de mes pièces préférées de Paik est d’une grande simplicité. Il s’agit de Video Fish (1975) : des poissons rouges se meuvent, placides, devant des moniteurs. Poète, vous disais-je ! (illus. The Worlds of Nam June Paik, exposition au Guggenheim museum, 11 février - 26 avril 2000) |
Discussions en cours sur le forum arts :
|