Archives > Janvier 2006Tate Etc., mine d'or en ligne
Le magazine en ligne de la Tate de Londres, Tate Etc., est une formidable source d'infos, d'histoire, d'images, pour visiter et revisiter l'art sous toutes ses formes. Focus sur des artistes, sur des mouvements artistiques, petites histoires d'une oeuvre... , le magazine prend comme point de départ les différentes actualités du musée pour explorer plus largement le domaine de l'art passé, présent, futur. C'est inépuisable, donc difficilement descriptible de manière exhaustive. Il faut aller voir et chiner soi-même parmi toutes les ressources disponibles celles qui, selon les sensibilités, retiendront plus particulièrement l'attention. A noter cependant dans la dernière édition, le focus sur Martin Kippenberger (1953-1997), qui sera exposé à la Tate Modern du 8 février au 14 mai 2006. "A cacophany for a formidable iconoclast", l'article rassemble plusieurs témoignages de critiques, artistes, commissaires d'exposition sur l'artiste allemand, et offre une multitude de points de vue sur une figure hétérogène et inclassable. L'intention de ce dossier semble assez représentative du parti-pris de Tate Etc. : trouver une manière originale d'aborder des sujets dont on pensait avoir fait le tour. (illus. Candidature for a Retrospective, Martin Kinppenberger, 1993) Paris photographique, Ext. & Int.
Sébastien nous écrit :
"Du 25 janvier au 5 février, l’espace Beaurepaire expose la nouvelle sélection des jeunes photographes de Paris Photographique. C’est la sixième édition d’un événement bimestriel qui commence à faire sa place. Le thème : "Ext. & Int". S’affichent quinze photographes, venant d’horizons totalement différents – voyages en panoramique, naturalisme un peu niais, Paris de la nuit volontairement flou, numérique en abondance, argentiques luxueux. Quelques uns sont particulièrement notables : les travaux de Paul Hulewicz, portraits chromatiques de Londres et de Paris (illus.) ; de Jérôme Lorieau, et ses noirs & blancs charbonneux ; de Jérémie Buchholtz et ses paysages subsahariens où s’enlisent les Peugeot ; enfin, d’Arnold Gendron, harmonieux travail de tirage noir et blanc sur des paysages américains. On regrette seulement le peu de temps laissé à l’exposition elle-même, seulement dix jours. Mais c’est un événement à suivre et à attendre". Merci Sébastien ! (illus. Paul Hulewicz ; (c) 2005 Paris Photographique) Atlanta : OPA sur le Louvre ? A l’image d’autres musées d’envergure (l’Ermitage, le Guggenheim...), il est de bon ton au Louvre de développer des filiales, euh... pardon, des antennes. Ainsi, notre cher musée inaugurera en octobre 2006 sa première antenne à Atlanta, pour une durée de trois ans. Ce lieu n’est pas anodin, puisqu’un partenariat avait déjà été établi avec le High Museum of Art d’Atlanta et le Musée d’Orsay en 1999 (Henri Loyrette, actuel directeur du Louvre, dirigeait alors Orsay) pour l’exposition "Impressionism: Paintings Collected By European Museums". Le projet initial "Le Louvre à Atlanta" prévoyait le dépôt d’œuvres "secondaires" des collections. La liste définitive (connue aux Etats-Unis mais dont le secret fut jalousement gardé en France) dévoile de nombreuses surprises, et surtout plusieurs chefs-d’œuvre du musée. S’il n’est pas encore question de La Joconde (ouf !), des œuvres majeures, dont le fameux Et in Arcadia Ego de Poussin, La Marquise de Pompadour de Boucher ou Les Baigneuses de Fragonard, seront du voyage. Au total, 143 peintures, dessins, sculptures et objets d’art déserteront les collections pendant un an. Le High Museum of Art d’Atlanta déclare dépenser la somme de 13 millions de dollars sur ce projet.Déjà en 2005, quelques œuvres majeures, comme La Mort de Sardanapale de Delacroix ou Le Tricheur de Georges de La Tour, ont quitté le Palais à destination du Japon, d’avril à octobre. Le Louvre rechigne en général à prêter ses chefs-d’œuvre quelques mois, pour des raisons de conservation. Une des œuvres phares de cette liste, le Portrait de Baldassare Castiglione de Raphaël, n’est jamais sortie de France depuis son entrée dans les collections royales de Louis XIV. Mais le poids des traditions ne pèse pas lourd face à celui de dollars sonnants et trébuchants dans une institution publique à la recherche de nouveaux fonds. Voilà une affaire qui devrait faire du bruit ! (illus. Raphaël, Portrait de Baldassare Castiglione, 1514-1515) Bandits-Mages : Bourges numérique ![]() Pour sa 9e édition, du 1er au 4 février à Bourges, le festival des arts numériques Bandits-Mages a choisi pour thématique « de la télévision, des médias, et des jeux ». Une programmation foisonnante autour de propositions esthétiques : installations numériques, performances, projections de films vidéo ou cinéma, présentations de sites Internet, de DVD et cédéroms d’artistes. A cela s’ajoutent des tables rondes (sur les TV alternatives et les médias indépendants, les nouvelles technologies, linux et la création), des ateliers et une carte blanche à Erik Bullot (lire notre interview lors des Etats Généraux du film documentaire de Lussas 2005). Lors de ce festival né à l’initiative de l’Ecole nationale des beaux-arts de Bourges, les étudiants côtoient des artistes renommés comme Philippe Parreno, Pierrick Sorin (excellentes vidéos Pierrick et Jean-Loup, son frère fictif…) ou encore Charles Pennequin, poète performer, fils spirituel (avec son ami Christophe Tarkos) de Bernard Heidsieck, grande figure de la poésie sonore. « Le festival préfigure la volonté de Bandits-Mages de s’orienter sur la compréhension philosophique et esthétique des médias numériques en mettant en place une œuvre collective qui explore la place des expressions artistiques dans notre société de l’information », expliquent les organisateurs. A suivre avec le streaming vidéo. (illus. Thierry Guibert, RAM (gauche) et APO33, Le Poulpe (droite)) Haute joaillerie au musée Carnavalet
Le National Jewelry Institut de New York présente 200 pièces de joaillerie américaine au musée Carnavalet, à Paris. Des bijoux issus de maisons telles que Tiffany, Van Cleef & Arpels, datant de la fin du XVIIIe à la fin du XXe siècle, portés par des stars de Hollywood ou des personnalités de la haute société - pour accentuer un peu la part de rêve toujours véhiculée par ces objets étincelants -, dressent en filigrane un portrait de la (haute) société américaine des 150 dernières années. "Si ressemble à un million de dollars, elle peut impunément s'exprimer sur la Russie, le ping-pong ou la Ligue des Nations" écrivait Francis Scott Fitzgerald dans Béatrice a coupé ses cheveux. Et, pour ressembler à un million de dollars, rien de tel qu'un bijou précieux. Dit autrement, "Diamonds are a girl's best friends"... Bref, "Bijoux de stars", ode à l'apparat et aux paillettes (pas toujours du meilleur goût), jusqu'au 7 mai 2006.
(illus. Flag Brooch, Cartier, 1927) Lygia Clark et la fantasmatique du corps Présentée au Musée des Beaux-Arts de Nantes à l'occasion de l'année du Brésil en France, l'exposition "Lygia Clark, de l'oeuvre à l'événement", a pris place à la Pinacoteca do Estado de Sao Paulo jusqu'au 26 mars 2006. Pour être plus précis, il faut en citer le titre entier, qui éclaire la démarche centrale de l'artiste brésilienne à partir de ses propres paroles : "Nous sommes le moule. A vous de donner le souffle". Le critique Manolo Borja-Villel explique ainsi l'oeuvre de Lygia Clark : " passe d'une architecture conçue comme corps - c'est-à-dire comme un réceptacle qui doit être habité par l'homme - à un corps conçu comme une architecture, comme lieu de l'expérience individuelle, non réglementée et ouverte". Pour en savoir plus, lire l'article consacré à l'exposition sur le site de l'année du Brésil. (illus. Lygia Clark, Stone and Air, 1966) Germaine Tillion : histoire d'un engagement Le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (Mucem), à Marseille, consacre une exposition au parcours de Germaine Tillion, ethnologue engagée, ardente défenseur des droits de l'homme, grand témoin des bouleversements du XXe siècle. L'exposition-hommage retrace son itinéraire et ses combats - de ses travaux dans les contrées reculées d'Algérie, à la Résistance et la déportation, jusqu'à son retour en Algérie et ses engagements contre la torture, pour la scolarisation, le droit des femmes... - et l'apport de ses travaux à l'ethnographie. Photos, notes, documents de travail, fiches d'objets trouvés composent l'exposition et témoignent d'une vie d'engagement et des réflexions sur le monde d'une des grandes figures humanistes des siècles passé et présent. A voir jusqu'en mars 2006.(illus. Grand-vieux, (c) Germaine Tillion) Sexe en vitrine
Après un happening d'une semaine, pendant laquelle les artistes, enfermés dans une boîte rouge, dessinaient leur interprétation du nogoodsex, uniquement visible de la rue à travers la vitrine, le public est autorisé à pénétrer dans la galerie. Une expo sur le sexe qui échoue. A la galerie Nogoodwindow, à Paris, jusqu'au 8 février.
Happy End Party Une semaine particulièrement "festive" s’achève au Palais de Tokyo : présence des artistes exposés, conférences et débats, performances... Tintamarre autour de l’inauguration de l’exposition "Notre histoire...", la dernière des codirecteurs du Palais, Nicolas Bourriaud et Jérôme Sans, dont le contrat touche à sa fin. Flu reviendra plus longuement sur l’exposition et la nomination de Marc-Olivier Wahler (nommé en octobre dernier, ex-directeur du Swiss Institute – Contemporary Art à New York depuis 2000), très prochainement. En attendant, dernier round ce soir du duo avec une soirée musicale, dont un live de Liquid Architecture (Jérôme Sans aux platines...), à partir de 21h et jusqu’à l’aube. Vous n’aviez rien de prévu ?(illus. Liquid Architecture à la Loco) Cézanne et la Provence
L'année 2006, décidément riche en célébrations, sera l'année Cézanne (1839-1906) à Aix-en-Provence et ses environs, pour commémorer le centenaire de sa mort. Une série de manifestations tout au long de l'année rendront hommage au peintre impressioniste qui, de sa relation intime, presque charnelle au pays provençal, a fait exister Aix et la Provence aux yeux du monde. Des parcours initiatiques, sur les pas de Cézanne, des colloques, des expositions, des ateliers pédagogiques, des hommages d'artistes ponctueront l'année de célébration, dont le temps fort sera l'exposition Cézanne en Provence qui, avant de prendre place dans le Musée Granet rénové, du 9 juin au 17 septembre, sera inaugurée à la National Gallery of Art de Washington, du 29 janvier au 7 mai prochains. En attendant, les ressources en ligne sont nombreuses : le site de l'événement "Cézanne 2006" regorge d'informations sur le peintre et la Provence, avec quelques très belles iconos. Celui de l'atelier Cézanne, riche en image aussi, suit les pas du peintre en pays aixois. Enfin une biographie accompagnée de commentaires audio est disponible sur ce site, consacré à l'impressionisme.
(illus. L'Enlèvement, 1867, Fitzwilliam Museum, Cambridge)Arte, l’art et la manièrePosté par Ophélie L. le 26.01.06 à 18:38 | tags : médias
Jusqu’au 15 avril 2006, Arte diffuse tous les samedis après-midi à 14h15 (TNT, câble et satellite), dans la collection "L'Art et la Manière", une série de documentaires sur la création contemporaine. Au programme : Ben, Andrée Putman, Annette Messager, Valérie Favre ou John Bock. Sur une proposition de Serge Moati (Ripostes), chaque film, réalisé par un cinéaste différent, immerge le téléspectateur dans l’univers de l’artiste. Vous avez rendez-vous, ce samedi 28 janvier, avec le plasticien Claude Lévêque. © photo Ilmari Kalkkinen et Mamco, Genève) Rembrandt, tout Rembrandt, rien que Rembrandt "Assis aux pieds d'une large colonne, le prophète Jérémie pleure la destruction de Jérusalem. Il avait prédit l'événement mais n'avait pu l'empêcher. Rembrandt a peint cette toile en 1630. La lumière tombe exclusivement sur le vieil homme et les immédiats alentours. Sa barbe touffue, son front ridé, son long manteau bordé de fourrure sont peints avec une grande précision. Loin de la lumière, à l'arrière-plan à gauche se devine la chute de Jérusalem. Les troupes du roi de Babylone Nabuchodonosor II marchent sur la ville et la mettent à feu. Ces événements eurent lieu en 586 avant le Christ."Voici un infime aperçu de ce que l'on pourra voir à partir du 27 janvier (demain) au Rijksmuseum d'Amsterdam : "Rembrandt, tous ses tableaux", à l'occasion de son 400e anniversaire. Ou de ce que l'on peut déjà goûter en ligne, sur le fabuleux site du musée, d'une richesse iconographique et didactique incroyable. (illus. Jérémie Pleurant la Destruction de Jérusalem, 1630) Tyeb Mehta : la violence, source créatrice Tyeb Mehta est l'artiste indien dont le travail est le plus coté sur le marché international de l'art. Une de ses oeuvres, Mahisasura, s'est récemment vendue chez Christie's pour 1,58 millions de dollars, un record. Mais ce peintre de 80 ans - qui sera exposé cette année à la National Gallery of Modern Art de New Delhi - reste relativement indifférent à ce succès. Comme la plupart des Indiens de sa génération, Mehta est profondément marqué par l'histoire de son pays : il a vécu l'indépendance, la partition de l'Inde et les massacres qui se sont ensuivis. Cette blessure profonde est centrale dans sa peinture, et la violence vue et vécue nourrit inlassablement son travail. Une des figures récurrentes dans ses toiles est significative de cette obsession : le taureau, attaché, mutilé, qui représente "cette incroyable énergie qui se fait massacrer sans raison". La violence est palpable, et le Herald Tribune nous donne, de nouveau, l'occasion de s'y confronter.(illus. Kali Head (Green), Vaderha Art Gallery) De visu rencontre 2visu Nous recevons un lien vers un mystérieux site dont le nom nous est pourtant familier. De visu. Notre homonyme est une galerie photographique en ligne, qui expose, en ligne donc, de nombreux travaux d'artistes confirmés ou simplement de passionnés de l'objectif. Parmi plusieurs rubriques, l'espace "Regards de photographes" est ouvert "à tout photographe qui désire proposer son regard à la toile", à condition que les images correspondent au projet artistique de de visu . Le site est très riche, et on y découvre quelques belles choses, comme cette exposition de Galith Sultan (illus.), un genre de carnets de voyage rapporté d'Afrique du Sud, que l'on visite sur son écran accompagné d'une bande sonore. Le blog de visu est enchanté de faire la connaissance de l'i-galerie de visu.(illus. Galith Sultan, extrait de son travail Soweto, Dans la poussière, la sueur et l'espoir) Seydou Keita : de Bamako à New York
Des portraits du photographe malien Seydou Keita (1923-2001) seront exposés à la Sean Kelly Gallery de New York à partir du 27 janvier. Avant d'être exposé sur les murs d'une galerie, le travail de Keita avait passé 30 ans dans une boîte de métal sous la terre malienne. Pendant 15 ans, cet autodidacte a photographié dans son petit studio de Bamako des clients qui venaient se faire faire leur portrait, endimanchés, dans leurs habits traditionnels, ou parfois dans des tenues occidentales, tels qu'ils se voyaient ou désiraient qu'on les voit. Au moment de l'indépendance du Mali en 1960, il est contraint de fermer son studio et de travailler pour le gouvernement; il enterre alors quelque 7000 négatifs dans son jardin. En 1990, il fait la connaissance d'une photographe française. Cette rencontre le mènera jusqu'à la Fondation Cartier, à Paris, où il expose en 1994. En 1997, c'est dans une galerie new-yorkaise qu'il présente ses portraits. "Seydou Keita, The Image King of Africa", présente à partir du 27 janvier des photos encore jamais exposées. Et faute de pouvoir se rendre à New York, un aperçu de son travail est à déguster sur le site de la galerie, ou dans un très beau Slide show à partir de la home aujourd'hui du Herald Tribune.
(illus. Autoportrait; Sans titre. (c) Association Seydou Keita, Bamako) Velázquez et Ribera à RouenPosté par Ophélie L. le 25.01.06 à 12:15 | tags : expos
Jusqu’au 20 février, le musée des Beaux-Arts de Rouen présente, autour du Démocrite de Velázquez (conservé à Rouen depuis la fin du XVIIIe siècle), six portraits de philosophes du Siècle d’Or espagnol, une exposition intitulée Velásquez Ribera, Curieux philosophes. Curieux philosophes, en effet, francs sourires, regards malicieux et geste nonchalant pour Velásquez. D’après une copie réalisée dans l’atelier du peintre et une radiographie, la première version du portrait (moral) du philosophe grec Démocrite représentait un bouffon de la cour d’Espagne (portrait physique), verre à la main. Le tableau aurait été peu retouché par le maître… Ironie, gravité, détachement et sentiment de liberté, ces impressions révèlent fascination et cynisme de la part des auteurs. Une métaphore de l’artiste ?
(illus. Diego Velásquez, Démocrite (ou le Géographe), 1625-1640 à gauche ; Jusepe Ribera, Démocrite, 1630, à droite) Depardon à la MEP :Depuis quand connaissons-nous les visages de ceux qui nous gouvernent ? Qu'est-ce que la représentation physique du pouvoir a changé dans les rapports que les citoyens entretiennent avec leurs représentants ? Questions que l'on peut se poser face aux 91 clichés de Raymond Depardon rassemblés pour l'exposition "Photographies de personnalités politiques", à la Maison Européenne de la Photographie (www, Paris) jusqu'au 5 mars. Prises au vol ou lors de séances de pose, les photos réunies, montrant autant de personnalités étrangères que françaises, sont légendées d'un petit texte précisant les conditions dans lesquelles elles ont été réalisées ainsi que les impressions du photographe sur son propre travail. Ce qui est certain, c'est que la "corporation des chasseurs d'image", comme Jean Lacouture désigne la profession dans sa préface à l'ouvrage qui accompagne l'exposition, a modifié le regard que nous portons sur les hommes politiques, rendant plus familiers les détenteurs du pouvoir à ceux qu'ils gouvernent, plus accessibles, parfois "mis à nu". "Quant à dire si c'est pour leur bien, pour notre mal...", la question reste ouverte. (illus. Raymond Barre, (c) Raymond Depardon/Magnum Photos) MAJ : lire la chronique de l'exposition Raymond Depardon : photographies de personnalités politiques en rubrique Expos Le Violon d’Ingres En préparation de l'exposition Ingres au Louvre, l'auditorium du musée diffusait hier soir en avant-première le documentaire Le Violon d'Ingres, de Cécile Favier (d'après une idée originale de Gaëlle Le Gallic, France Musique). D’où vient l’expression « violon d’Ingres » ? Quelle place a tenu la musique dans sa vie ? Le film tente une biographie musicale du peintre. Seulement le format TV de 52 min est bien trop long pour un sujet si abstrait et peu télégénique. De nombreux plans et séquences d’illustration, voire de remplissage, viennent parasiter des récits éclairés et des mises en comparaison judicieuses. C’est finalement sur le terrain pictural que le film trouve quelque intérêt. Il sera diffusé sur France 3 les 25 février et 1er mars. Et tous les jours au musée du Louvre pendant l'exposition, du 24 février au 15 mai 2006. Le musée Ingres de Montauban accueille également une exposition, Ingres collages, jusqu'au 2 avril 2006. MAJ : lire la chronique de l'expo Ingres au Louvre en Rubrique Expos Carnets de Titouan Lamazou : Invitation au voyagePosté par Jypegue le 23.01.06 à 17:02
La galerie Jean Brolly nous écrit :“ Le navigateur Titouan Lamazou emmène toujours dans ses bagages de quoi fixer, consigner les moments remarquables : cahiers à dessin, pinceaux, tubes de peinture et un appareil photo. Parcourant le monde depuis plus de 30 ans, il ramène ses souvenirs sous forme de dessins, peintures, photos ou de collages avec des fragments d’affiches, de tissus, de timbres poste... Toutes ces pièces à conviction ajoutent leurs témoignages à la véracité des peintures - il n’est pas rare de trouver ainsi sur certains dessins des indications topographiques, une carte postale ou le nom et la signature de la personne portraiturée. Cet attachement à la vérité place les œuvres de Titouan Lamazou dans la lignée de celles des explorateurs du passé décrivant et dessinant (et ramenant parfois) la faune et la flore exotiques. Le séjour à Kinshasa a été particulièrement riche en évènements, et le “matériel” rapporté est abondant : ce sont des œuvres relatant “l’enfer” de cette grande ville (les échoppes des rues, le monde des sports et celui de la mode africaine, les sapeurs, les mannequins) et sa vie artistique (rencontres avec des peintres comme Chéri Samba, Moké, Chéri Chérin ou Rigobert et avec des musiciens comme Papa Wemba, Werra-Son, Wazekwa...).” Galerie Jean Brolly du 18 février au 18 mars 2006. (illus. Tahitienne, 2000) Images en mouvement La galerie Praz-Delavallade, expose le travail de Philippe Decrauzat. L'artiste suisse joue avec les effets visuels, construit des formes et motifs inspirés du cinéma, de la littérature, de la musique, de l'architecture. Art du mouvement et de l'espace, il ne s'agit pas de s'inscrire dans la lignée du débat idéologique de l'art abstrait, mais d'interroger le statut de l'image aujourd'hui : éclatée, multi-supports, multi-"écrans". Jusqu'au 28 février.(illus. Go for A ride, Philippe Decrauzat, 2002) Cartier-Bresson : portraits en silence
Pour la première fois depuis sa création (en mai 2003), la fondation Henri Cartier-Bresson expose ses propres collections, une sélection de portraits réalisés par le photographe entre 1931 et 1999, tout au long de sa vie. Le choix des photographies équilibre les clichés célèbres et les images moins connues, et la plupart des tirages sont d'époque, signés et parfois tirés par l'artiste lui-même. Une sélection qui se veut sobre, essayant de rendre le "silence intérieur" que Cartier-Bresson disait chercher à travers les personnes qu'il photographiait. Des portraits "à la sauvette", plutôt que longuement posés, en tête-à-tête avec le modèle, et toujours un peu avec lui-même. "Le Silence intérieur d'une victime consentante", à voir jusqu'au 9 avril 2006.
(illus. Ezra Pound, 1971; Edith Piaf vers 1946 ; Pologne, 1931. (c) Henri Cartier-Bresson/Magnum Photos) Quand HEC s’intéresse à l’art contemporain…Posté par Ophélie L. le 23.01.06 à 12:48 | tags : expos
Depuis plus de quatre ans maintenant, la célèbre école de management HEC organise des expositions d’art contemporain dans ses murs. Un outil de formation pour sa spécialisation "Management des Arts et de la Culture" avec expositions, résidences d’artistes et intention d’acquisitions d’œuvres. Depuis 2000, l’école bénéficie donc d’un espace d’art contemporain financé par le groupe Deutsche Bank France. Pourquoi pas ? "De tout temps, les économies prospères ont eu des scènes artistiques rayonnantes et innovantes", indique l'école pour communiquer sur cette initiative. Business is business...
Arthur Cravan, une légende? Exposition dossier au musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg sur l’excentrique poète et boxeur Arthur Cravan qui sévit, à travers provocations et autres frasques, dans l’univers culturel des années 1910. Colosse de deux mètres et de 120 kg, il défie sur le ring le champion du monde de boxe Jack Johnson, annonce son suicide public et accuse les spectateurs venus en masse de voyeurisme, pratique la conférence et se complait dans le scandale, publie une revue culturelle intitulée Maintenant (1912-1915), dont il est l’unique auteur, assassinant, avec un humour frisant parfois la grossièreté, les personnalités du monde artistique de l’époque.Sa vie de bohème, ses prises de position radicales vis-à-vis du monde artistique et ses bouffonneries, lui vaudront la fascination de nombre de ses contemporains, dont un certain André Breton qui lui accorda une place de choix dans son anthologie de l'humour noir. Une véritable légende dont la disparition en mer au large du Golfe du Mexique en 1918 fera de lui un personnage mythique, à découvrir absolument ! Jusqu'au 26 février, tous les jours sauf le mardi de 10h à 18h. Palais high-tech : suivez le Tokyoguide
Exit le vieil audioguide autour du cou, qui donne un look de touriste avec chaussettes dans les birkenstocks ! Le Palais de Tokyo propose de suivre sa dernière exposition accompagné d'un lecteur mp3, c'est plus tendance non ? La bande son sera téléchargeable sur votre propre lecteur, sinon vous pourrez vous en procurer un sur place. Les Tokyoguide permettent de visiter l’exposition Notre histoire... en musique et avec les commentaires des artistes sur leurs œuvres. Vernissage de l'expo ce soir à partir de 20h.
Charlotte Perriand : déco d’intérieur, beauté du geste
Sotheby's expose à Paris (et vend à Londres) Gauguin, Chagall, Miró, Picasso, Klein, Man Ray, Magritte, Warhol et d'autres sont exposés chez Sotheby's Galerie Charpentier, à Paris, du 24 au 26 janvier. "Art impressionniste et moderne, le Suréalisme, Art Contemporain", présente 75 oeuvres de ces artistes majeurs, qui seront mises en vente à Londres du 7 au 10 février 2006. (illus. Joan Miró, L'oiseau au plumage déployé vole vers l'arbre argenté, 1953. Courtesy Sotheby's) A vos Palettes !![]() Arte, partenaire des Journées de l’histoire, a sélectionné quelques films de la collection Palettes. Deux jours de projections (vendredi 27 et samedi 28 janvier 2006) à l’Hôtel des Invalides pour réviser ses classiques, voir ou revoir l’émission de référence d’Alain Jaubert. Au programme : Raphaël, Uccello, Goya, Watteau ou Delacroix. Sur le principe d’un tableau par émission, Palettes décortique, examine composition et couleurs. Périodes et artistes sont évoqués à travers les histoires singulières de chaque œuvre. Voir aussi l'interview filmée d'Alain Jaubert sur Palettes. Art et mode, au-delà des frontières Les frontières entre les domaines de la création contemporaine tendent de plus en plus à s'estomper : les couturiers exposent au musée ou en galerie (Hedi Slimane actuellement chez Almine Rech, Christian Lacroix au Palais Garnier) et les artistes investissent les magasins. Un flottement synonyme de foisonnement ? Toujours est-il que Vanessa Beecroft inaugure l'espace d'exposition du nouveau magasin Louis Vuitton, avenue des Champs-Elysées. Des femmes nues se contorsionnent afin de former des lettres, notamment LV (Louis Vuitton, illus.) et composer un Alphabet Concept... Bernard Arnault a vu grand. Doit-on y voir un avant-goût de la future Samaritaine ?Charles Sandison, technicos fantasque "Parfois, j’essaie de visualiser le voyage d’un mot quand il quitte les lèvres d’une personne et se dirige vers son destinataire, ou j’imagine, lorsque je suis dans une bibliothèque, que tous les livres murmurent. Je vois alors une nuée d’oiseaux qui semblent se déplacer de manière chaotique et qui pourtant poursuivent leur voyage". Charles Sandison, l'Ecossais fantasque, le technicos maniaque qui passe des nuits et des nuits sur son ordi pour régler au millimètre les dispositifs oniriques construits à base de mots dans lesquels il plonge les visiteurs de ses installations, sera exposé au Centre pour l'image contemporaine de Saint-Gervais-Genève à partir du 2 février. Preview. (illus. Rage, Love and Despair, 2004)Rouge : la scène vue par Christian LacroixDerniers jours, jusqu'au 25 janvier, de l’exposition Rouge ! Au Palais Garnier et, à quelques pas des grands magasins, un petit bijou dans une ambiance confinée, idéal avant d’affronter la cohue des soldes. La BNF a laissé carte blanche à Christian Lacroix - ses créations pour la scène lui ont déjà valu un Molière en 1996 pour Phèdre. Couleur préférée du couturier, couleur du théâtre par excellence depuis le XIXe siècle (rideaux, fauteuils…), le rouge est soigneusement mis en scène (les vitrines rappellent le théâtre de marionnettes, une rocaille rouge ornée de costumes et conçue par le couturier trône dans la rotonde du Palais…). Lacroix mêle ses propres créations et ses coups de cœur (Philippe Decoulflé, Yves Saint Laurent, André Derain…) dans une sélection hétéroclite. Choc dès l’entrée de l’exposition avec une robe splendide qui n’a rien à envier à la haute couture. On déambule à travers les époques. On s’arrête volontiers sur les dessins d’Yves Saint-Laurent pour Notre-Dame de Paris, on s’attarde sur la robe de Jean-Denis Maclès pour l’opéra Obéron ou la robe de Phèdre par Lacroix. Les textes de Michel Pastoureau (auteur de Bleu), glissés dans l’exposition, éclairent le visiteur sur les diverses symboliques du rouge... Laissez-vous guider en ligne par le couturier dans le (très beau) mini-site de l’exposition. (illus. "Rouge", Rotonde centrale, photo Gisèle Nedjar, BNF) Patrimoine mondial : conservation ou tourisme ?Dans un diaporama sonore appuyant une long article, l'édition en ligne du New York Times s'interroge aujourd'hui sur le devenir des sites classés au "Patrimoine mondial" de l'Unesco. 812 sites ont été classés depuis 1978, remarque le journaliste Seith Kugel, mais l'afflux de touristes qui en résulte est le plus souvent propice à la dégradation des lieux et à une vision de plus en plus commerciale du patrimoine architectural. Exemple illustré (ci-dessus) avec Chichén Itzá, cité Maya située dans le Yucatan (Mexique). Contrepoint – De l’objet d'art à la sculpture![]() ![]() ![]() (illus. Johan Creten, La Vague ; Bertrand Lavier, La Bocca ; Louise Bourgeois, Nature Study) La création contemporaine face aux institutionsPosté par Van le 12.01.06 à 09:00 | tags : art numérique
Les artistes du numérique trouvent-ils des interlocuteurs du côté des institutions artistiques pour proposer leurs projets ? Quelle est la place des institutions publiques et privées dans le développement de la création contemporaine ? Producteurs, artistes, institutionnels et critiques se réunissent autour d'une table ronde pour débattre de ces questions à l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, le 17 janvier 2006.
Via paris-art.com Jean-Luc Moulène : du contemporain au Louvre Sous l’impulsion de son directeur, Henri Loyrette, le Louvre s’ouvre à l’art contemporain. Depuis maintenant deux ans, le musée invite des artistes à dialoguer avec ses collections. Une belle formule pour raviver ses départements, composés d’œuvres parfois très connues, sur lesquelles il est parfois difficile de porter un nouveau regard. Jean-Luc Moulène a répondu avec brio à cette invitation. L'exposition "Jean-Luc Moulène, Le Monde, le Louvre", à voir jusqu'au 20 février 2006, présente des photographies d'une sélection de pièce de musée. Dans un atelier de fortune, les objets sélectionnés ont défilé devant son objectif. Fond neutre, lumière du jour : un contre-pied à la photo d'art classique, où les éclairages artificiels et la contre-plongée récurrente tendent à magnifier des icônes déjà sacralisées. Pazuzu ou Ishtar défaussés de leur vitrine, à portée de main, ou plutôt des yeux... Une publication spéciale du journal Le Monde est à la disposition gratuite des visiteurs en complément de l’exposition. Une démarche altruiste, chère à Moulène. (illus. photo de l'exposition) Isabelle Huppert, star du marketing ? Huppert sur les planches, Huppert sur les écrans, Huppert en librairie, Huppert dans les musées... Après une présence appuyée à New York, lors du festival Act French, à l'occasion duquel le Moma lui a consacré une rétrospective, c'est au Couvent des Cordeliers à Paris que l'on retrouve la figure d'Isabelle Huppert. L'exposition "Isabelle Huppert, la femme aux portraits" rassemble, comme son nom l'indique, 120 portraits de l'actrice française par quelques uns des plus grands photographes. A partir du 25 février, l'expo s'exporte, dans le désordre, à Londres, Berlin, Madrid, Pékin, Rio, Tokyo... En parallèle, la Cinémathèque française rend hommage à l'actrice à travers des rencontres et une rétrospective, jusqu'au 12 février. Qu'on l'apprécie ou pas, Isabelle Huppert est une grande actrice, c'est indéniable, il n'y a qu'à voir les metteurs en scène avec lesquels elle a tourné (Chabrol, Blier, Cimino, Bob Wilson, etc.). Mais une telle omniprésence amène à s'interroger : est-elle aussi une grande pro du marketing ?(illus. photo de l'exposition) Voyage décadent
L'Espace EDF Electra a été réaménagé, jusqu'au 5 mars 2006, en un "Palais de la décadence", hommage à la maison de Des Esseintes, imaginée par Huysmans dans A Rebours. Le roman, considéré comme emblématique du décadentisme de la fin du XIXe siècle, est en effet le point de départ de l'exposition "Le Voyage intérieur, Paris-London". Les 23 artistes rassemblés, travaillant pour la plupart à Londres ou à Paris, abordent des sujets différents, possèdent des sensibilités parfois divergentes, mais sont unis par une certaine influence symboliste. L'aménagement de l'Espace rappelle donc la maison du héros de Huysmans, galerie d'objets omniprésents, dont l'inutilité invite à une contemplation paresseuse. Loin cependant du cabinet de curiosités, la contextualisation des oeuvres, dans une scénographie découpée en zones (la Black Latex Vampire Zone, le Super White Cube, le Salon égyptien, le Cabinet londonien...) crée une ambiance surprenante, inquiétante. Un voyage dans un intérieur menaçant, qui interroge notre relation aux objets, qu'ils soient étranges ou ordinaires.(illus. "Sans titre, 2005" - Jean-Luc Blanc - Courtesy galerie Art : Concept, Paris "Oz Road, 2003" - Vidya Gastaldon - Courtesy galerie Art : Concept, Paris "The Coming Affliction Suffered for the Dirt of Love, 2001" - Roger Hiorns - Courtesy galerie Corvi-Mora, London) Christer Strömholm à l'Hôtel de SullyUne exposition du photographe suédois Christer Strömholm (1918-2002) à voir au Jeu de Paume-Hôtel de Sully, dés le 11 janvier. Voici un petit aperçu de ce que vous pourrez voir :
Bernard Faucon à la MEP![]() La neige qui brûle, 1981, Copyright Bernard Faucon La Maison Européenne de la Photographie (MEP) consacre ses espaces à une rétrospective chronologique (1972 à 1995) du travail du photographe français Bernard Faucon (né en 1950). Le visiteur vagabonde dans l’espace au gré des images du Temps d'avant, pour ainsi dire de la fin de l’adolescence jusqu’à la Fin de l'Image où Bernard Faucon ne photographie plus que la peau marquée par de l’encre blanche. Certainement pas sa période la plus intéressante car moins forte que ses séries comme Les Idoles et les Sacrifices et surtout qu’une Jenny Holzer (Lustmord 1993) quelques temps plus tôt. Cependant, les tirages Fresson d’une grande qualité marquent les esprits par les mises en scène élaborées avec beaucoup de pertinence, d’une manière très picturale, en particulier dans les Grandes Vacances où des mannequins parfois mêlés à des enfants s’adonnent à leur quotidien d’adolescents. L’une des images avec un clown remet en mémoire une autre photo, d'une grande qualité (A ventriloquist at a birthday party in October 1947, 1990), du photographe Jeff Wall. Après cette déambulation esthétique, le spectateur pourra visiter la reconstitution du cabanon de Faucon, où toutes les mises en scène ont été élaborées. Il pourra même, les deux derniers jours de l’exposition, lorsque Faucon liquidera l’ensemble des objets, repartir avec l’un d’entre eux. Un catalogue raisonné est édité chez Actes Sud et une exposition, Le Temps d’après, se déroule jusqu’au 28 janvier à la galerie Vu. Jochen Gerz, Karlsruhe, la justice, etc.Karlsruhe, c'est la ville du ZKM, mais c'est aussi la "capitale allemande de la Justice", où siègent les Hautes Cours allemandes. C'est donc tout naturellement là-bas que l'artiste Jochen Gerz a installé sa dernière oeuvre, La Place des Droits Fondamentaux. Le poète, photographe, vidéaste... allemand est un habitué des oeuvres à caractère politique, historique ou mémoriel. Dans cette veine, il avait réalisé, en 1986, Le Monument contre le fascisme de Hambourg, une colonne recouverte de plomb de 12 mètres de haut qui s'enfonçait dans le sol à mesure que les passants y apposaient leur signature. Ses installations dans l'espace public associent le spectateur au processus de création. Ainsi, La Place des Droits Fondamentaux a été réalisée à partir de 48 témoignages, pour moitié d'experts et pour moitié de personnes ayant été en infraction avec la loi. Car l'oeuvre pose la question de la signification du droit pour l'individu, et pour une société qui se dit démocratique. Le fait d'avoir interrogé deux groupes d'individus ayant des rapports au droit antithétiques, a généré un débat très peu consensuel. Les déclarations ont été reproduites sur des plaques émaillées recto-verso et montées sur des poteaux. Le tout est installé de façon permanente dans le centre historique de Karlsruhe.
(illus. (c) Ateliers Gerz) Can you pass the password test ?Posté par fluctuat.net le 06.01.06 à 17:17 | tags : net_art
Le Magazin de Grenoble va rouvrir. La question est : quand ? Beaubourg, gratuit pour les kidsLe Musée national d'art moderne et toutes les expositions du Centre Pompidou sont gratuites pour les moins de 18 ans depuis hier, mercredi 4 janvier. La preuve...
Art multiple
L'Espace de l'Art Concret au Château de Mouans (06) accueille, à partir du 29 janvier, l'exposition Art multiple. Une cinquantaine d'oeuvres - dont le seul point commun est leur réalisation au tirage limité, numéroté et signé - seront exposées dans un parcours qui tend à développer un concept d'art global, accessible à tous. Il s'agissait au départ de gravures ou d'estampes. Le multiple à présent, ce sont aussi photographies, vidéo-DVD, stickers, vaisselle, mobiliers... L'exposition se propose de reconstruire un panorama de l'art des années 1960 à nos jours, à travers des objets utilitaires, tirés de la nature, du quotidien, des oeuvres interactives, cinétiques, ou plus classiques. L'intention est de redonner sa noblesse à une forme d'art souvent considérée comme de second rang, et de montrer sa pertinence par rapport à la société dans laquelle nous vivons, qui oscille entre production de masse et culte de l'unique.(illus. François Morellet) Bang ! Bang ! à Saint-Etienne Les armes à feu sont-elles à leur place dans les salles d'un musée ? En pays stéphanois en tout cas, oui. Saint-Etienne est historiquement la ville de l'arme (et aussi du cycle et du ruban), et son musée d'Art et d'Industrie reflète bien sûr cette tradition avec une des plus importantes collections d'armes à feu en France. A partir du 11 janvier prochain, l'établissement accueille l'exposition, au nom légèrement provocateur, Bang ! Bang ! Trafic d'armes de Saint-Etienne à Sète. Elle rassemble 60 artistes et une centaine d'oeuvres - outre les collections propres du musée - issues de collections publiques et privées et quelques pièces originales produites pour l'occasion. Au-delà de la jouissance primaire que les armes suscitent chez certains, l'intention de l'exposition est de questionner la relation ambiguë que l'homme entretient, depuis l'invention de la poudre, avec ces instruments, et d'amener le visiteur à construire "sa propre méditation face à ces objets emblématiques". Pourquoi pas. L'expo s'exporte ensuite à Sète à partir du mois de juin.(illus. Hervé di Rosa, Gun ; (c) Pierre Schwartz) Bernhard Heisig : La Rage des Images
Le Martin Gropius Bau de Berlin présente, jusqu'au 29 janvier 2006, l'oeuvre de l'artiste est-allemand Bernhard Heisig. Le peintre de l'ancienne République démocratique allemande, dont les toiles sont emplies de messages pédagogiques sur les horreurs de la guerre, a longtemps fait l'objet de discussions quand à la place qu'il devait occuper dans l'Allemagne réunifiée. Son travail s'étant inscrit dans un régime à présent considéré comme dictatorial, lui-même membre du SED, le parti au pouvoir en RDA, il a cristallisé sur lui le débat sur la réévaluation de l'art est-allemand. Mais 1989 est loin, et l'oeuvre de Bernhard Heisig figure désormais en bonne place dans les musées allemands. L'exposition de Berlin présente une soixantaine de toiles de l'artiste, toutes d'une rare violence. Couleurs, coups de pinceau, expressions des visages, jusqu'aux titres de ses oeuvres (The City and its Murderers, My Mother in Front of a Burning City...) évoquent rage, colère, imprégnées par l'horreur et l'absurdité de la guerre. Faute d'aller sur place, la richesse iconographique du site de l'artiste donne un bon aperçu de cette atmosphère cauchemardesque.
(illus. The Death of Icarus, 1978-79) Maurice Lemaître, Palais Royal Maurice Lemaître, à voir dans les jardins du Palais Royal, du 2 au 15 janvier 2006. (illus. Le cabinet de l'amateur lettriste, Maurice Lemaître, 1961 ; courtesy Centre Bismuth Lemaître) Toru Fukuda HNY 2006
L'année 2006 sera (ré)créative... ou ne sera pas. La preuve avec cette citation visuelle de l'illustrateur japonais Toru Fuduka . Big Bang sur le web
Plus que pour l'exposition Dada, il est important de signaler le travail accompli en ligne par le Centre Pompidou en accompagnement de l'expo Big Bang au musée national d'art moderne (jusqu'au 17 mars 2006). Destruction, Construction-Déconstruction, Archaïsme, Guerre, Sexe, Subversion, Mélancolie et Réenchantement. A travers un parcours thématique détaillé ici, le musée avait réagencé en 2005 ses collections permanentes pour documenter le thème de la destruction et de la création dans l'art du 20e siècle. Originalité ? C'est tout simplement la première fois que Beaubourg concevait une expo thématique et non chronologique à partir de ses collections permanentes (on se souvient bien sûr des grandes expos temporaires comme Masculin/féminin, Le Temps, vite - lire la chronique sur Flu). |
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