Ce week-end, le Salon Light au Point Ephémère Plus discret que la Foire du Livre, mais indispensable mine pour les amateurs, le Salon Light consacré aux éditions et publications d'artistes investit cette année encore pour trois jours le Point Ephémère, orientant sa sélection à l'international. Organisé par le Cneai — entendez le Centre national de l'Edition et de l'Art imprimé (à Chatou) —, le 6e Salon Light présente livres et revues, mais aussi stickers, flyers, disques et supports sonores ou numériques (DVD, sites Internet, smartphones), pour « repenser l'objet imprimé et sa production dans sa globalité », tout en « valorisant des pratiques qui parviennent à se détacher des traditions éditoriales ». Cette année, en dehors des traditionnelles signatures, on pourra assister à des lectures, performances, concerts, diffusions sonores ou projections vidéo lors de deux soirées : Paroles paroles paroles le vendredi 6 à 20h avec Sylvie Boulanger, Benjamin Thorel, Alexis Zavialoff et Leonor Antunes, et le samedi 7, Les Sons de silence par Emanuele Carcano et Samon Takahashi à 22h, puis une soirée B.A.L. (Books and Liquids), de 22h30 à 2h. Retour sur l'événement dans quelques jours avec notamment une sélection de jeunes revues. Salon Light #6, au Point Ephémère, Paris, le vendredi 6 novembre de 18h à 20h, le samedi 7 de 14h à 22h et le dimanche 8 de 14h à 18h. www En images : Ce qu'il reste du passé communiste de BerlinA l'occasion du 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, le Musée d'Histoire contemporaine, aux Invalides, revient sur « l'effacement des traces » de l'ancienne ville de Berlin, ex-capitale de la RDA.
Sur un mode nostalgique qui rappelle l'ambiance du film Good bye Lenin !, l'exposition montre, à travers la survivance de traces aujourd'hui muséifiées, comment s'efface le passé communiste de cette ville-palimpseste. Photographies, films documentaires, objets-souvenirs nourrissent cette exposition consacrée à l'impossible oubli. Découvrez-en les images dans le diaporama Berlin, l'effacement des traces. Berlin 1989-2009 - L'Effacement des traces, au Musée d'Histoire contemporaine - BDIC, Hôtel des Invalides, Paris, jusqu'au 31 décembre 2009. Jan Bucquoy inaugure son Musée du Slip à Paris Les Belges sont les maîtres du canular, les rois de la blague, les champions de la gaudriole — on se souvient de "l'affaire" récente de l'exposition Sexes d'artistes de Jacques Charlier à Venise. Dans la lignée des figures tutélaires du très sérieux René Magritte, du plus contemporain Marcel Broodthaers (auteur, en 1965, d'un Triomphe des moules) ou du performeur-artiste-chorégraphe-metteur en scène Jan Fabre, le Bruxellois Jan Bucquoy n'est pas en reste.Conservateur en chef du Musée du Slip à Bruxelles, Bucquoy a également été le directeur d'un Musée de la Femme (avec de réelles femmes exposées), mais est aussi auteur de bandes dessinées (notamment de versions pornographiques de Tintin) et de films sur La Vie sexuelle des Belges, et ex-membre du parti politique BANANE (Bien Allumés, Nous Allons Nous Eclater). Il a également baissé son pantalon chez Dechavanne, en réponse à une féministe qui lui reprochait d'exposer une femme nue dans son musée, brûlé une toile de Magritte, entarté des célébrités aux côtés de son acolyte Noël Godin, et réalisé pas moins de quatre tentatives de coups d'Etat. Pour trois semaines, Bucquoy installe à Paris son Musée du Slip, auquel il ajoute un Musée de la Frite, et présente quelques unes de ses parodies de Tintin, avant de débarquer à Toulon et Lille en 2010. Le Musée du Slip a reçu l'appui exceptionnel de diverses personnalités, qui ont bien voulu donner leur slip, parmi lesquelles Christophe Girard, adjoint au Maire de Paris chargé de la Culture, Jean-Michel Ribes, Jean-Marc Barr, Willem, Guillaume Durand ou Plastic Bertrand. « De César à Eddy Merckx, nous sommes tous égaux devant le slip ». CQFD A lire ici, un long entretien avec Jan Bucquoy dans le dernier numéro (26) de la revue Particules Jan Bucquoy, la subversion comme un des Beaux-Arts, à l'Espace Immanence, 21 avenue du Maine, Paris, du 6 au 21 novembre 2009. Vernissage le jeudi 5 novembre à partir de 18h. www Ill. Jan Bucquoy, Napoléon avec slip, 2009 Le Louvre invite Umberto Eco Ecrivain populaire et sémiologue reconnu, spécialiste de Joyce et connaisseur d'art contemporain, librettiste et traducteur, l'auteur du Nom de la rose et du Pendule de Foucault est un maître de l'éclectisme. Le musée du Louvre, dont les collections couvrent plusieurs millénaires et quelques continents, est donc un écrin idéal pour cet « intellectuel » aussi érudit que truculent. Après avoir invité Toni Morrison, Pierre Boulez ou Robert Badinter, le Louvre confie cette année, pour six semaines, sa programmation culturelle à Umberto Eco, qui a choisi comme thème le « vertige de la liste » — tourbillon du catalogue, enfer des réserves, savoirs astronomiques, toutes choses qui relient Eco à Borges.Conférences, lectures et concerts jalonnent cette « saison Eco », avec en point d'orgue un colloque sur « Umberto Eco et la scène italienne des années 1960 », et une exposition, Mille e tre, qui explore le thème à travers des œuvres anciennes et contemporaines : listes dynastiques dans l'Egypte ancienne, tables de lois mésopotamiennes, liste de couleurs par Delacroix, abécédaires d'Annette Messager, ou liste des Habitants du Louvre par Christian Boltanski, mêlant les noms des artistes présents dans le musée à ceux de ses employés actuels. Par ailleurs, une soirée « Closky, Eco & Co » aura lieu le 13 novembre à l'Auditorium du Louvre, avec un dialogue entre l'artiste Claude Closky et l'écrivain, suivi de projections, ainsi qu'une projection-concert de Laurent Garnier, les 12 et 13 décembre. Vertige de la liste. Le Louvre invite Umberto Eco, du 2 novembre au 13 décembre 2009, au musée du Louvre, Paris. Infos Prix Ricard : de «L'image cabrée» aux «Archipels réinventés»Posté par Magali le 02.11.09 à 11:20 | tags : centre pompidou, art contemporain, exposition, peinture
Plus que quelques jours pour découvrir l'exposition «L'image cabrée» à la Fondation d'entreprise Ricard, qui présente neuf artistes ayant pour point commun, selon le commissaire Judicaël Lavrador, de créer un «type d'images qui braquent le regard, le hérissent, en même temps qu'elles transpercent leur support», et témoignent de la reprise en main des images par les artistes. L'exposition rassemble les nommés au 11e Prix de la Fondation d'entreprise Ricard, décerné cette année à un couple de peintres, composé de la Serbe Ida Tursic et du Français Wilfried Mille, dont l'œuvre présentée dans l'exposition, 90 Interview May 1998 Miroir III (2008), jure par son esthétique de fanzine néo-Pop avec la sobriété de la plupart des autres œuvres, mais affirme avec force le retour de la peinture dans le goût contemporain. Le Prix, décerné par un jury de critiques d'art et de collectionneurs, consiste en l'achat d'une œuvre aux lauréats, offerte au Centre Pompidou. Pour célébrer les dix ans du Prix, une exposition au Musée national d'art moderne, «Les Archipels réinventés», présente une œuvre de chacun des précédents lauréats, qui, outre le Mobile Information Stand for Money back Products (1999) de Matthieu Laurette — guide pratique du retour d'article — dénote une sérieuse inclination pour la sculpture ou l'installation minimalistes, avec notamment les œuvres de Tatiana Trouvé, Raphaël Zarka, Boris Achour, Berdaguer & Péjus ou Didier Marcel. Démontrant ainsi des choix homogènes et cohérents, à quelques exceptions près, et le parti pris d'une esthétique séduisante par son intransigeance formelle. Cette année, pour la première fois, une toile viendra compléter cette micro-collection d'artistes émergents. L'image cabrée, 11e Prix de la Fondation d'entreprise Ricard, à la Fondation d'entreprise Ricard, Paris, jusqu'au 7 novembre 2009. www Les Archipels réinventés, au Centre Pompidou, Paris, jusqu'au 11 janvier 2010. www Ill. Ida Tursic & Wilfried Mille, 90 Interview May 1998 Miroir III, 2008. Courtesy Almine Rech Gallery, Bruxelles-Paris Le diaporama de La Subversion des images au Centre PompidouPosté par Magali le 30.10.09 à 12:01 | tags : surréalisme, beaubourg, centre pompidou, exposition, photographie
Le surréalisme à l'ère de sa reproductibilité technique : le paradoxe de l'« explosante-fixe » (expression inventée par André Breton pour expliciter le concept de "beauté convulsive" chère aux surréalistes) trouve son accomplissement dans l'image sur pellicule, qu'elle soit photographique ou filmique. Dans l'entre-deux-guerres, la clique surréaliste ne chercha rien d'autre qu'à mettre au jour le mensonge du réel et son insoumission à toute représentation objective. Van Gogh en toutes lettres
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S'il fut un grand peintre, Vincent Van Gogh fut également un théoricien de l'art et un épistolier remarquable, ce dont témoignent les quelques centaines de lettres écrites par l'artiste. Le Van Gogh Museum d'Amsterdam a eu l'excellente idée de mettre en ligne ces lettres sur le site vangoghletters.org, dans leurs langues originales — néerlandais ou français — et dans leur traduction anglaise, ainsi que leur fac-similé. Le peintre y exprime l'angoisse de sa condition d'artiste, mais fait aussi preuve d'un regard extrêmement juste sur l'art de son temps. Voici ce qu'il écrit à son frère Theo Van Gogh de l'asile de Saint-Rémy-de-Provence, le 2 septembre 1889, quelques jours après l'une de ses crises de démence : « J'ai hier recommencé à travailler un peu — une chose que je vois de ma fenêtre — un champ de chaume jaune qu'on laboure, l'opposition de la terre labourée violacée avec les bandes de chaume jaune, fond de collines. Le travail me distrait infiniment mieux qu'autre chose et si je pouvais une fois bien me lancer là-dedans de toute mon énergie, ce serait possiblement le meilleur remède ». Le tableau mentionné renvoie à un lien vers l'image de l'œuvre, ce qui rend extrêmement intéressante et féconde la lecture des lettres. On trouve également sur le site une biographie détaillée de l'artiste, ainsi que des éléments biographiques sur ses correspondants, dont les plus importants furent son frère Theo, avec lequel il échangea chaque semaine pendant vingt ans, ainsi que Paul Gauguin et Emile Bernard, les compagnons de sa quête en peinture.
vangoghletters.org FIAC : l'Etat achète 24 œuvres pour 400 000 euros
Voir aussi : le diaporama des oeuvres incontournables de la Fiac 2009
En images : les oeuvres qui ont marqué la FIAC 2009Parce que la FIAC ne dure pas longtemps et que le prix de l'entrée est dissuasif, nous vous proposons d'en faire rapidement le tour avec notre diaporama des oeuvres incontournables de la Fiac 2009. Voir aussi : Top 100 de l'art contemporain : où sont les artistes ?Posté par Magali le 26.10.09 à 18:28 | tags : art contemporain
La FIAC s'est achevée dimanche, et le petit milieu de l'art contemporain a quitté Paris... Milieu microscopique, certes, mais dans lequel certains individus pèsent d'un poids énorme. Le magazine Art Review vient de publier son top 100 des personnalités les plus influentes du monde de l'art, le Power 100. En tête, non pas un artiste, un galeriste ou un collectionneur, mais un curateur (aka commissaire d'exposition), le Suisse Hans Ulrich Obrist, 41 ans, qui débuta sa carrière au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris au début des années 90 et dirige aujourd'hui la Serpentine Gallery de Londres. Pour subjective qu'elle soit, cette première place indique le rôle éminent que tiennent depuis quelques années les curateurs dans les sphères d'influence de l'art, remplaçant les critiques (fonction souvent également remplie par les curateurs) — particulièrement absents de ce classement (Roberta Smith, éminente critique du New York Times depuis plus de 20 ans, n'est qu'à la 61e place...). Sur le podium, on trouve le directeur du MoMA, Glenn Lowry, et celui de la Tate, Nicholas Serrota, suivis de près par le galeriste Larry Gagosian et les collectionneurs François Pinault et Eli Broad. Les premiers artistes, le trio Anton Vidokle, Julieta Aranda et Brian Kuan Wood, animateurs du réseau e-flux, sont à la 8e place, devant Bruce Nauman, 10e, et Jeff Koons, 14e. Si l'on excepte Louise Bourgeois, née française mais naturalisée américaine depuis près de 60 ans, point d'artiste français dans la liste. Les cinq autres personnalités françaises sont un directeur de musée (Alfred Pacquement, du Musée national d'Art moderne), un galeriste (Emmanuel Perrotin), deux collectionneurs (François Pinault et Bernard Arnault) et un curateur-critique (Nicolas Bourriaud). Il semblerait que l'art, aujourd'hui, soit devenu une chose trop sérieuse pour le confier aux artistes. Ill. Art Review, couverture du numéro de novembre 2009. Saâdane Afif remporte le Prix Marcel Duchamp C'est officiel depuis ce matin 11h, l'artiste Saâdane Afif, 39 ans, a remporté le Prix Marcel Duchamp, face à trois artistes de qualité non moindre, mais opérant dans des champs très différents, à savoir Damien Deroubaix, peintre marqué par l'esthétique hard rock, Philippe Perrot, peintre également, mais dans une veine plus intimiste, et Nicolas Moulin, auteur d'un travail de sculptures et de vidéos marqué par l'architecture (notre favori...).Saâdane Afif, artiste néo-conceptuel qui place la notion d'exposition, la musique et les collaborations d'artistes au cœur de son travail, présente à la Cour Carrée du Louvre une simple affiche, laquelle renvoie à une performance, Vice de forme : in search of melodies, qui s'est tenue à la galerie Michel Rein le 22 octobre. Celle-ci consista en l'interprétation au piano de chansons mises en musique par l'artiste et Louis-Philippe Scoufaras, dont les paroles ont été écrites par 12 écrivains, artistes et critiques d'art, et dédiées à la sculpture Vice de forme, elle-même inspirée d'une sculpture phallique de Man Ray et d'une caricature de centrale nucléaire de Reiser... Dans l'espace de la galerie, l'affiche, la sculpture de l'artiste et le piano, qui a enregistré et joue les mélodies, reconstituent ce puzzle un brin compliqué. L'artiste bénéficiera, aux côtés des trois autres nommés, d'une exposition à Shanghai dans le cadre de l'Exposition Universelle en juin 2010, et d'une exposition personnelle au Centre Pompidou en septembre. Exposition Saâdane Afif, Vice de forme : in search of melodies, à la galerie Michel Rein, Paris, jusqu'au 28 novembre 2009. www.michelrein.com Ill. Saâdane Afif, Vice de forme : in search of melodies, 2009, courtesy galerie Michel Rein En images : Teotihuacan, les restes d'une civilisation perdueQuatre cent cinquante pièces, issues à 95 % des collections mexicaines, une grande part inédite en Europe. L'exposition du Quai Branly fait revivre la cité légendaire et antique de Teotihuacan, qui connut son apogée entre 250 et 550 ap. J.-C. On ne connaît pas le nom réel de la cité : Teotihuacan, « lieu où naissent les dieux », est le nom que lui donnèrent les Aztèques, qui six siècles plus tard investirent le lieu, pensant que seuls des dieux avaient pu construire de tels édifices. Sculptures colossales, peintures murales, masques rituels, statuettes-offrandes, poignards en forme d'éclairs, bijoux et céramiques témoignent de la puissance de l'expression artistique de Teotihuacan. Découvrez en images les restes de cette civilisation perdue, où les hommes rivalisaient avec le soleil et la mort par le jeu de balle et le sacrifice, avec notre diaporama Teotihuacan, cité des dieux. Teotihuacan, cité des Dieux, au musée du Quai Branly, jusqu'au 24 janvier 2010. Le Nouveau Festival du Centre Pompidou : un mois d'interdisciplinarité Hier soir avait lieu dans la joie et la bonne humeur brouillonnes l'inauguration en fanfare (d'accordéons) du Nouveau Festival du Centre Pompidou. Le Nouveau Festival, kezaco ? Mis sur pied par Bernard Blistène, directeur du développement culturel du Centre, ça n'est ni une exposition, ni une manifestation, mais selon BB lui-même, un « rendez-vous » dans un lieu possible de rencontres, à savoir principalement la Galerie Sud et l'Espace 315 (donc côté place Stravinsky), ouvert gratuitement à tous (à l'exception des spectacles de la Grande Salle).Assumant son interdisciplinarité fondatrice, le Centre Pompidou propose ainsi au visiteur, pendant un mois, des expériences inédites. Pêle-mêle : se faire sussurer à l'oreille un air d'opéra dans la Light House de Jorge Pardo, écouter un concert au casque dans le Kiosque électronique des Cocktail Designers ou assister chaque jour à des représentations (théâtre, danse, musique) dans le « Beaubourg-la-Reine » de la compagnie du Zerep (avec notamment Forced Entertainment, Arnaud Labelle-Rojoux, Philippe Katerine, Doris Uhlich, Sophie Lenoir...). Festivals dans le festival, « Bruits de bouche » expose la parole d'artistes, entre performance, lecture et musique, tandis que « Rosebud » interroge la matrice de l'œuvre de 10 écrivains (dont Enrique Vila-Matas, Michka Assayas ou Olivier Cadiot). On pourra également assister à des conférences-performances d'Andrea Fraser, Eric Duyckaerts ou Jean-Yves Jouannais, à des projections vidéo, visibles de la rue, la nuit, ou à la présentation, chaque jour à 14h, d'une peinture par 30 critiques, historiens et amateurs. Sans oublier de fouler le Sol.07 de Vincent Lamouroux, immense surface ondulante au niveau -1 du Foyer qui sera le support de plusieurs pièces dansées, et de visiter la Conciergerie, où Christian Rizzo a conçu l'exposition « Le sort probable de l'homme qui avait avalé le fantôme »... De quoi être tous les jours surpris !
Nouveau canular des Yes Men à la Chambre de Commerce américaine S'ils n'existaient pas, il faudrait les inventer... Les Yes Men, ce sont Jacques Servin et Igor Vamos, duo d'activistes issu du collectif d'artistes RTMark qui a commis dans les années 90, entre autres, l'échange de boîtes vocales de 300 poupées Barbie et G.I. Joe, ou l'intégration au jeu de simulation SimCopter d'hommes s'embrassant. Les Yes Men pratiquent ce qu'ils nomment l'« identity correction » : l'un ou l'autre se fait passer pour un représentant d'une importante organisation pour délivrer lors de conférences ou d'émissions télé un message caricatural, mettant souvent en porte-à-faux ladite organisation. En tant que représentants de l'OMC, ils ont ainsi fait l'apologie de l'esclavage à domicile, vanté la mise aux enchères des votes ou le recyclage d'excréments pour le tiers-monde, souvent sans que l'assistance ne paraisse choquée. En 2004 ils se font passer pour un groupe appelé « Yes, Bush can! » et sillonnent les Etats-Unis à bord d'une camionnette en faisant signer un « gage de patriotisme » par lequel les signataires se portent volontaires pour accueillir près de chez eux un site de stockage des déchets nucléaires, envoyer leurs enfants à la guerre, abandonner une partie de leurs droits constitutionnels, etc. Un de leurs canulars les plus marquants eut lieu la même année. Jacques Servin, alias Andy Bichlbaum, apparaît en direct sur BBC World en tant que porte-parole de Dow Chemical, géant américain de l'industrie chimique qui a absorbé Union Carbide, compagnie qui détenait pour moitié l'usine responsable de la catastrophe de Bhopal qui a fait des dizaines de milliers de morts et d'invalides. Il annonce la vente prochaine de Union Carbide, et l'intention de Dow Chemical d'utiliser les 12 milliards de dollars de la vente pour fournir des soins médicaux aux victimes et nettoyer le site : en une vingtaine de minutes, les cours de l'action chutent de 2 milliards de dollars. Deux heures plus tard, un démenti est publié. Cette fois-ci, c'est à la Chambre de Commerce américaine que les Yes Men annoncent le soutien de ce puissant lobby de 3000 entreprises à la lutte contre le réchauffement climatique... jusqu'à l'intervention d'un vrai membre de la Chambre et l'éjection du fauteur de troubles. A voir en vidéo : L'œuvre d'Oiticica part en fumée L'œuvre d'une vie... Tout, ou presque, l'œuvre de l'artiste brésilien Hélio Oiticica est parti en fumée, samedi 17 octobre, dans l'incendie qui a eu lieu chez son frère César Oiticica, à Rio de Janeiro.Les toiles, sculptures, installations, livres et œuvres audiovisuelles entreposées là représentaient une valeur estimée à 14 millions d'euros. Environ 90 % des 2000 œuvres ont été détruites. Oiticica, mort en 1980 à l'âge de 43 ans, fut l'un des artistes brésiliens les plus importants du XXe siècle. Fondateur du mouvement "néoconcrétiste" à la fin des années 1950, aux côtés de Lygia Clark, Amilcar de Castro et Franz Weissmann, il fut un représentant de la peinture abstraite, portant surtout un intérêt à la couleur, que ce soit en peinture ou en sculpture. Dans les années 1960, il crée les Bolides, petites boîtes-sculptures que le spectateur peut faire bouger et explorer, et les Parangolés, assemblages de tissus de récupération en sculptures mobiles. Oiticica réalise ensuite des installations intitulées Penetravels (Pénétrables), avec lesquels le spectateur peut interagir. Le plus connu d'entre eux est Tropicalia (1967), acquis par la Tate Modern de Londres, qui donna son nom au mouvement tropicaliste, que l'on identifie surtout aujourd'hui à la musique de Gilberto Gil et Caetano Veloso.
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